Chronique Omnivorisme

Lettre ouverte à Manon, Benoît, Ian, Yannick, et quelques autres sur la réglementation européenne de la « fausse viande »

23.04.19

Le réseau, né suite à l’appel pour la défense de l’élevage paysan et des animaux de ferme, s’adresse aujourd’hui aux têtes de liste et aux candidats aux fonctions de députés européens.

Les lobbies financiers et industriels ont choisi d’imposer à marche forcée la production et la commercialisation de faux produits animaux issus de l’agriculture cellulaire et acellulaire, avec l’objectif d‘abolir toutes formes d’élevage, notamment paysan que nous défendons.

Cette stratégie fondée sur le constat de l’échec du modèle productiviste en matière d’élevage représente une fuite en avant vers « toujours plus » de productivisme et d’industrialisation, un risque sanitaire et écologique effroyable et la mort programmée d’un milliard de paysans dans le monde.

Cette fuite en avant est portée aussi bien par la Silicon Valley, les (ex) PDG des plus grandes firmes comme  Google, Microsoft, Amazon, Facebook, Paypal, Twitter, Hewlett-Packard, Virgin, General-Electric, Cargill, Atomico, et même par les leaders de la viande industrielle comme Tyson Foods. Les États-Unis ont autorisé, en novembre 2018, le développement de ces faux produits animaux (fausses viandes, faux œufs, faux laits, faux fromages, fausses gélatines, fausses huiles, etc.).

La production cellulaire reconstitue des tissus animaux en mettant en culture des cellules prélevées sur l’animal en utilisant des bioréacteurs sur le modèle de ceux utilisés en médecine pour fabriquer de la fausse peau. La culture des cellules se fait avec du sérum de fœtus de veau… Un seul échantillon permettrait de produire jusqu’à 20 000 tonnes de viande selon Mosa Meat. Cette start-up affirme que 150 vaches suffiraient pour satisfaire la demande actuelle mondiale de viande.

La production acellulaire est une technique de biologie synthétique utilisant des micro-organismes comme des bactéries, des levures pour synthétiser des protéines et des molécules. Le gène codant d’une protéine est alors clonée dans un microorganisme qui est en suite en mesure de le produire.

Ces lobbys se heurtent, pour l’instant encore, au règlement européen dit INCO qui ne reconnait pas la « viande de laboratoire » comme une véritable viande, d’où des problèmes d’appellation, d’étiquetage, d’autant plus qu’elle utilise des produits interdits pour l’élevage comme des hormones de croissance, sans parler de la nécessité d’employer antibiotiques et fongicides à grande échelle.

Le Parlement européen sera amené à prendre une nouvelle fois position.

Nous aimerions faire connaitre aux électeurs/électrices vos engagements dans ce domaine.

Paul Ariès auteur de la « Lettre ouverte aux mangeurs de viandes qui souhaitent le rester sans culpabiliser » (Larousse) chroniquée par Alimentation Générale sur France Culture ici

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