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Viande avariée : le Brésil obtient la réouverture de trois marchés importants

par AFP
27.03.17

Le Brésil, fragilisé par un scandale de la viande avariée, a obtenu samedi dernier une victoire de taille avec la reprise annoncée des importations de la Chine, de l’Egypte et du Chili, trois de ses principaux marchés. Ces trois pays, qui avaient fermé totalement leurs marchés en début de semaine, ont accepté d’interdire uniquement l’entrée de produits en provenance des 21 usines visées par l’enquête à l’origine de ce scandale.

La semaine dernière, la police brésilienne a découvert que des gros exportateurs de viande avaient corrompu des inspecteurs des services d’hygiène pour certifier de la viande avariée comme étant propre à la consommation. Un scandale aux conséquences potentiellement dévastatrices pour le premier exportateur mondial de viande.

Le président brésilien Michel Temer s’est félicité dans un communiqué de la décision chinoise, qu’il a salué comme une « reconnaissance de fiabilité », tout en affichant sa « confiance totale » sur le fait que « d’autres pays vont suivre l’exemple de la Chine ». Le ministre de l’agriculture, Blairo Maggi, a précisé sur TV Globo que l’embargo chinois serait levé « à partir de lundi ».

Secteur clé

La Chine est le deuxième acheteur de viande de boeuf brésilienne, derrière Hong Kong, avec plus de 703 millions de dollars d’importations en 2016. Pour ce qui est de la volaille, la Chine figure aussi au deuxième rang, avec près de 859,5 millions de dollars d’importations. L’Egypte, troisième pays acheteur de viande bovine du Brésil, avec 551,2 millions de dollars d’importations, a aussi annoncé la levée de son embargo. Quant au Chili, il est le sixième importateur de viande rouge en provenance du Brésil, pour un montant de plus 300 millions de dollars.

Le scandale a atteint de plein fouet l’un des secteurs clés de l’économie brésilienne, déjà plongée dans la pire récession de son histoire. Une crise envenimée par les révélations explosives sur la corruption systématique liée aux marchés publics de la compagnie pétrolière d’État Petrobras.

Une vingtaine de pays ont fermé partiellement ou totalement cette semaine leurs portes à la viande brésilienne, un rude coup pour un secteur qui a rapporté plus de 13 milliards de dollars à l’économie du géant sud-américain en 2016. Les exportations ont chuté drastiquement. Selon le ministère des Affaires étrangères, les exportations de viande, qui atteignaient en moyenne 63 millions de dollars par jour avant le scandale, l’élevaient à seulement 74.000 dollars mardi.

‘Travail infatigable’

Les autorités brésiliennes se sont fortement mobilisées pour tenter de limiter les dégâts, autant au niveau de l’opinion publique locale que des principaux marchés étrangers. Le président Michel Temer a rappelé à plusieurs reprises que 184 lots de viande avaient été mis en cause par l’enquête, sur les 853.000 exportés en 2016. Il a évoqué aussi le fait que le Brésil disposait de plus de 4.000 usines de transformation de viande et que seules 21 d’entre elles ont été incriminées.

Mercredi, le Brésil a lancé un appel à l’OMC, demandant aux pays-membres de ne pas prendre de « mesures arbitraires ». Le ministre de l’agriculture évoqué un « travail infatigable » de la diplomatie brésilienne pour obtenir la réouverture des marchés. Selon lui, les efforts ont consisté notamment à expliquer que l’enquête portait sur « la corruption de certaines personnes » et « en aucun cas sur la qualité des produits ».

Hong Kong a annoncé vendredi le « rappel complet » de toutes les viandes ou volailles « réfrigérées ou congelées » déjà importées et provenant des 21 usines suspectes. L’Union Européenne a quant à elle fait savoir, ce même-jour, que « tous les lots de viande provenant d’établissements impliqués dans la fraude et qui sont actuellement en route vers l’UE seront rejetés et renvoyés au Brésil ».

Malgré la réouverture progressive des marchés, le scandale a déjà eu des conséquences directes pour les entreprises citées dans l’enquête. Le géant brésilien de l’agro-alimentaire JBS, dont une des usines est incriminée, a annoncé jeudi qu’il suspendait pour trois jours la fabrication de viande bovine dans 33 de ses 36 unités de production. Mercredi, 280 employés de deux usines d’autres entreprises du secteur ont été licenciés.

Par Louis GENOT

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