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Les engagements du contrat de filière agroalimentaire

16.11.18

Le contrat de filière agroalimentaire signé vendredi entre l’État et l’industrie prévoit une série d' »actions structurantes » dans l’espoir d’augmenter la qualité des aliments, redonner confiance aux consommateurs, faciliter l’emploi, et relancer l’exportation.

Carte d’identité numérique

En lien avec une forte demande de transparence de la part des consommateurs exprimée durant les récents états généraux de l’alimentation, les industriels, aidés de l’État, vont se lancer dans la numérisation de l’information sur les produits, pour que le contenu exact des aliments transformés soit accessible à tous. Le projet Num-Alim, qui doit s’achever en 2020, prévoit d’établir des « cartes d’identité numérique des aliments », et de créer une plateforme française des aliments permettant de valoriser les données pour les consommateurs, les industriels et la recherche. Plus globalement, la traçabilité sur la chaîne doit être mieux assurée via le déploiement « d’outils numériques et automatisés ».

Protéines du futur

Alors que le récent salon Sial de l’alimentation a montré l’appétit des Français pour les protéines végétales et le dynamisme d’une jeune foodtech française, l’État et les industriels vont financer des projets de recherche dans le domaine des protéines, aussi bien concernant le blé, les oléagineux et légumineuses, que les micro-algues, les insectes, ou les protéines issues des biotechnologies en remplacement de la viande. L’objectif est de faire de la France « un leader mondial des nouvelles sources protéiques » alors que « diverses études prévoient plus de 8,4 milliards d’habitants sur la planète à l’horizon 2030 », que l’augmentation de la production de produits carnés ne suffira pas à nourrir.

Banques de ferments

La France est le pays du fromage, du pain et du vin, produits liés à divers types de fermentations, mais elle ne « dispose pas de démarche collective structurante dans le domaine des micro-organismes, de la bio-production et de la fermentation », et ne sait pas valoriser son savoir-faire industriel en la matière. Alors que d’autres pays investissent massivement (Danemark, États-Unis, Japon, Corée, Chine…) dans la recherche sur les produits fermentés, secteur d’avenir lié aux récents développements de la recherche sur le rôle central de la microbiote de l’intestin pour la santé, le projet « Ferments du futur » vise à mettre en place en 2019 une plate-forme de recherche pour soutenir des projets, ainsi que des jeunes entreprises du secteur.

Emploi

Cet engagement vise à construire des « parcours vers l’emploi » dans l’industrie agroalimentaire qui peine parfois à recruter. Alors qu’elle compte près de 430.000 salariés en France, 17.000 emplois sont non pourvus, et 34% des recrutements considérés comme « difficiles ». Le projet réunit les entreprises, les coopératives agricoles, dont beaucoup font de la transformation, ainsi que l’organisme de formation professionnelle spécialisé Opcalim. Il démarrera d’abord dans deux bassins d’emploi des Hauts de France, avec vocation à s’élargir en Bretagne, Grand-Est et en Auvergne-Rhône-Alpes.

Accélérateur, RSE, exportations

Un « accélérateur », c’est-à-dire un programme personnalisé sur 24 mois destiné à aider les entreprises dans leur stratégie de développement, doit être mis en place dans un secteur constitué à 98% de PME. Un accompagnement est aussi prévu dans l’amélioration de la performance environnementale des entreprises (lutte contre le gâchis alimentaire, consommation d’énergie, bien-être animal…) et l’établissement d’une démarche RSE (responsabilité sociale des entreprises). Enfin, une « task force » sera chargée d’aider les PME à exporter en « mutualisant l’image France » de l’alimentation, notamment dans les salons à l’étranger où les industriels pourraient se présenter sous une bannière commune comme le font depuis longtemps, les Italiens par exemple.
Par Isabel Malsang pour AFP

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