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Anthrax dans les Hautes-Alpes : la FDSEA porte plainte pour « connaître la vérité »

24.08.18

Deux mois après le début de l’épidémie de fièvre charbonneuse dans les Hautes-Alpes, le syndicat agricole FDSEA a déposé plainte jeudi après-midi contre X pour « connaître la vérité » sur la résurgence de cette maladie transmissible à l’homme.

Le syndicat des Jeunes agriculteurs (JA) doit faire de même vendredi. Une partie du sud du département est confrontée à la plus importante anazootie de fièvre du charbon (anthrax en anglais) observée en France depuis près de 20 ans, une maladie potentiellement mortelle pour l’homme dans ses formes les plus rares. « Vu le préjudice moral et financier que subissent les éleveurs, ils sont en droit de savoir d’où est sortie cette bactérie », résume René Laurans, président de la Fédération départementale des syndicats d’exploitants agricoles (FDSEA) des Hautes-Alpes, majoritaire dans le département.

La bactérie Bacillus anthracis survit des dizaines d’années sous forme de spores dans les terres où ont été enterrés par le passé des animaux morts du charbon ou porteurs de la maladie : des « champs maudits », non cartographiés dans le département. Le vaccin est le moyen le plus efficace pour enrayer l’épidémie. Mais, face à une pénurie temporaire, due à la fermeture en août du laboratoire espagnol qui le produit, les éleveurs espèrent « que l’État fera le nécessaire pour trouver le plus grand nombre de vaccins, dans les plus brefs délais« , ajoute Alexandre Lagier, président des JA des Hautes-Alpes. « Nous avons acheté les 200 flacons disponibles et commandé 400 flacons supplémentaires qui seront livrés fin septembre », précise-t-il. « L’État a entamé des discussions avec ses partenaires européens pour évoquer la disponibilité et le rachat des vaccins » dont ils disposent, précisait en début de semaine à La Provence Agnès Chavanon, secrétaire générale de la préfecture des Hautes-Alpes. Pour le président de la Région Sud -Provence-Alpes-Côte d’Azur et député européen Renaud Muselier, qui a interpellé le gouvernement, « l’enjeu est considérable et la situation critique ».

Les autorités dénombrent 23 foyers distincts (28 exploitations) sur 13 communes et 50 bêtes mortes, (bovins, ovins et équins). Selon l’Agence régionale de santé (ARS), 103 personnes entrées potentiellement en contact avec la maladie ont été recensées. La moitié bénéficie d’un traitement antibiotique préventif. Aucun malade, aucun nouveau cas n’ont été depuis observés, selon l’ARS. Le monde agricole soupçonne d’importants travaux concernant une ligne haute tension du Réseau de transport d’électricité (RTE). « Les premiers cas de bêtes mortes sont survenus en dessous des pylônes » dans les communes du départ de la maladie, selon Sandrine Hauser, secrétaire générale de la FDSEA. Ces travaux « ne semblent pas à l’origine de la résurgence de la bactérie », assurait en début de semaine Mme Chavanon. Une enquête épidémiologique de l’Organisation mondiale de la santé animale (OIE) est en cours. Dès qu’un foyer est confirmé, les animaux concernés sont vaccinés et des mesures de blocage de l’exploitation, d’au moins 21 jours, prises par les autorités. Le lait collecté doit être pasteurisé et détruit.

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