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Nicolas Hulot : « … le court terme préempte tout … »

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« Alors que toutes les planètes sont alignées pour transformer le modèle agricole, on est passé à côté. » Nicolas Hulot s’est mis « d’accord avec lui-même » ce matin en annonçant sur France Inter son départ du gouvernement et la fin de sa carrière politique.

« Je ne peux pas passer mon temps en querelles avec Stéphane Travert… ». Parmi tous les dossiers où il a dû constater son impuissance, celui de la politique agricole est apparu ce matin dans la matinale de Nicolas Demorand comme l’une de ses grandes défaites. Le combat s’arrête d’un coup après une longue réflexion et sans coup de colère particulier, le tout sans en avertir le gouvernement ni le Président qui « … auraient encore essayé de l’en dissuader …».

L’ancien militant devenu ministre, a connu des victoires mais aussi des déceptions et a été contraint de faire des compromis. Nommé en mai 2017, il s’était donné « un an » pour juger de son utilité au gouvernement, reconnaissant certaines « déconvenues » et de « l’impatience ». Il est finalement resté 15 mois. Ses divergences avec Stéphane Travert sont apparues à de nombreuses reprises, notamment sur l’interdiction du glyphosate et sur la Loi Alimentation.

Glyphosate

En novembre 2017, l’UE prolonge pour cinq ans la licence du glyphosate, herbicide controversé accusé par certains de provoquer des cancers. Immédiatement, Emmanuel Macron assure que la France reste déterminée à en sortir en trois ans, position défendue par Nicolas Hulot contre son collègue de l’Agriculture Stéphane Travert qui plaide pour cinq à sept ans. Mais depuis, la possibilité de dérogations a été annoncée, et les députés ont rejeté un amendement, publiquement soutenu par Nicolas Hulot, visant à inscrire dans la loi l’interdiction du pesticide.

Loi Alimentation

En décembre 2017, Nicolas Hulot boude la clôture des Etats généraux de l’Alimentation, pilotés par Stéphane Travert. Selon des déclarations rapportées par Le Monde, il estime que « le compte n’y est pas », avant de nuancer ses propos. En cours de discussions, le projet de loi Alimentation issu des Etats généraux est dénoncé comme une « coquille vide » par des ONG qui espéraient une transition vers une agriculture « saine et durable ».

Biodiversité

De la gestion des plastiques à la réduction de l’artificialisation des sols, Nicolas Hulot et le Premier ministre Edouard Philippe présentent en juillet 90 mesures pour enrayer la disparition accélérée de la biodiversité. Les défenseurs de l’environnement regrettent le manque de moyens associés à un plan ambitieux, à l’esprit toutefois plus incitatif que contraignant.

Par Amélie Bottollier-Depois pour AFP

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