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Le coût des Perturbateurs endocriniens sur la santé

17.10.16

Le coût sanitaire direct et indirect de l’exposition aux produits contenant des perturbateurs endocriniens pourrait s’élever à plus de 340 milliards de dollars par an aux Etats-Unis, soit nettement plus qu’en Europe, selon une évaluation publiée mardi dans une revue médicale britannique.

Les perturbateurs endocriniens sont présents dans de très nombreux produits : bouteilles en plastique, canettes alimentaires, détergents, jouets, cosmétiques, retardateurs de flammes et pesticides. Ils passent pour jouer un rôle dans plus d’une quinzaine de maladies, incluant les cancers du sein et de la prostate, l’infertilité, les malformations congénitales, l’obésité, le diabète, les maladies cardiovasculaires, les dysfonctionnements neurocomportementaux ainsi que les problèmes d’apprentissage.

Selon un calcul mathématique effectué par une équipe de chercheurs du centre médical Langone à New York, les coûts générés par l’exposition aux perturbateurs endocriniens atteindraient 340 milliards de dollars (310 milliards d’euros) par an aux Etats-Unis, soit 2,33% du PIB. Une précédente étude évaluait les coûts pour l’Europe à 217 milliards de dollars (197 milliards d’euros), soit 1,28% du PIB de l’Union européenne. La différence s’explique, selon eux, par des réglementations différentes en ce qui concerne notamment les PBDE, des substances ignifuges également appelées « retardateurs de flammes » et utilisées notamment dans les meubles ou les emballages.

Beaucoup moins réglementés qu’en Europe, les PBDE seraient à l’origine des deux tiers des coûts sanitaires liés aux perturbateurs endocriniens aux Etats-Unis, soit environ 200 milliards de dollars, selon l’étude publiée dans la revue Lancet Diabetes & Endocrinology. En Europe au contraire, les coûts associés aux PBDE seraient de l’ordre de 100 milliards de dollars par an, selon l’étude publiée en 2015. Aux Etats-Unis, l’exposition aux PBDE a, selon eux, entraîné 11 millions de points de quotient intellectuel (QI) perdu et 43.000 cas de retard intellectuel, alors que les pesticides ont abouti à la perte de 1,8 million de points de QI et à 7.500 cas de retard intellectuel.

Selon Teresa Attina, l’un des auteurs de l’étude, chaque point perdu de QI correspond à une réduction d’environ 2% de la productivité, soit une perte de revenus de 20.000 dollars, « ce qui permet d’estimer le coût économique pour la société ». Les chercheurs notent que leurs estimations sont probablement sous-évaluées et que même si des mesures sont prises rapidement, l’exposition aux PBDE ne devrait baisser que très progressivement, compte tenu de sa large utilisation dans le mobilier actuel. En mesurant l’impact de l’ensemble des perturbateurs endocriniens, y compris des phtalates et du bisphénol A, les chercheurs sont également parvenus à 245.000 cas de diabète et 240.000 cas d’infertilité masculine, 10.000 décès prématurés dus à des maladies cardiovasculaires, 1.500 cas d’autisme et 4.400 cas de TDAH (trouble du déficit de l’attention) aux Etats-Unis.

En attendant que les réglementations évoluent, Mme Attina préconise quelques mesures « simples » : ne plus réchauffer au micro-ondes de la nourriture placée dans des récipients en plastique ou recouverts d’une pellicule en plastique et laver ces récipients utilisés à la main plutôt qu’au lave-vaisselle.

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