chronique Plan alimentaire territorial

Plan Alimentation Occitanie : un exemple à suivre ?

27.07.18

« Alimentation, on a encore le choix », tel est le titre d’une vaste campagne de participation citoyenne lancée par la Région Occitanie. C’est aussi avec ce slogan que la Présidente de Région Carole Delga a lancé à Toulouse la 10ème réunion destinée à associer les citoyens à l’élaboration du Plan territorial Alimentaire.

La Région Occitanie a déclaré l’Alimentation grande cause régionale 2018. Regroupant les anciennes régions Midi Pyrénées et  Languedoc Roussillon, autant dire la 1ère Région française sinon européenne par sa biodiversité alimentaire. Une démarche régionale d’importance, car il y a urgence.  Mais quid des États Généraux de l’alimentation dont il a tant été question cet hiver? Nous avons bien compris en filigrane des propos prononcés qu’il ne fallait pas trop compter sur eux, du fait de décisions trop lentes et trop éloignées des préoccupations locales.

La Région, elle, semble avoir des atouts dans cette bataille. Elle s’enorgueillit de plus de 260 labels de qualité et d’être la 1ère région agricole par le nombre de ses acteurs travaillant dans la filière. « Les Lycées dont nous avons la charge sont déjà pour la majorité d’entre eux à 40% d’approvisionnement en bio et local » précise par ailleurs Carole Delga et « un vaste plan de formation du personnel va être lancé pour asseoir les dispositifs engagés« .

Le consommateur doit faire pression

En parallèle de ces réunions de concertation, un questionnaire a largement été diffusé dans la région avec plus de 50.000 réponses déjà enregistrées. Belle réussite quand on connait le flop du sondage au niveau national autour de la biodiversité. Car en Occitanie, on aime bien manger et le faire savoir! Si le sondage est toujours en cours, la conclusion provisoire serait la suivante :  c’est au consommateur de faire pression par ses choix et d’agir.

« Nous pouvons agir par nos achats » a martelé à plusieurs reprises la Présidente de Région, « c’est à nous , à chaque citoyen de se mobiliser , pour notre santé »  précise-t-elle . La salle, ravie d’entendre une élue s’exprimer ainsi, vibrait … Pas le temps ni l’occasion de demander pourquoi tous nos élus n’ont pas le même discours, pourquoi une Assemblée nationale chargée de se positionner sur l’interdiction du glyphosate n’a mobilisé que 70 députés dont plus de 50 contre, pas de mauvais esprit, et ce n’est ni le  lieu ni l’objet, l’heure est aux actions, locales, concrètes et aux propositions des citoyens …

Quel monde idéal?

Après ce brillant discours introductif, place au travail en commissions. Nous étions plus de 300, à être venus affronter les 34° à l’ombre ce jour là : élus, professionnels, militants associatifs, parents, jeunes et moins jeunes, de tous horizons et de tous âges. Les 300 personnes présentes devaient choisir en entrant un des thèmes parmi : agriculture, transformation, distribution, gastronomie, gaspillage, santé, communication, jeunesse, précarité. Nous voici invités à une séance de  brainstorming en mode speed par petits groupes de 8 à 10 autour d’un même thème : 5 minutes pour dire ce qui ne va pas, 10 minutes pour extraire les idées principales, 5 minutes pour choisir l’idée majeure, ensuite partir dans le rêve, sans censure puis passage au principe de réalité et la question finale  :  » Un monde idéal serait ? »

Les participants n’étaient pas tous aguerris à cette méthode, les critiques et objections n’ont pas manquées quant aux propositions des uns et des autres mais les idées ont fusé. Et c’est l’essentiel. Éduquer, former, transmettre, telles furent les principales recommandations générales de la majorité des groupes. Un adolescent a rapporté les conclusions du groupe jeunesse : « Et si on taxait les mauvais produits, ceux qui nous empoisonnent ?« 

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