Analyse Consommation

1,23 milliards de jambon-beurre talonnés par 1,19 milliards de burgers

08.03.16

Le traditionnel sandwich jambon-beurre, consommé plus d’un milliard de fois en France en 2015 mais talonné par le burger, a vu ses ventes reculer mais son prix s’envoler, selon un indice publié mardi. Il s’est vendu 1,23 milliard de jambon-beurre en 2015, soit 55% de tous les sandwichs (contre 58% l’année précédente). Sa consommation a ainsi chuté, pour la deuxième année consécutive, de 3,22%. Les Français ont dans le même temps englouti 1,19 milliard de burgers, soit 11,21% de plus qu’au cours de l’année précédente.

Le burger tire son épingle du jeu. « La burger mania ne s’arrête pas. On se maintient à une croissance à deux chiffres. Si ça continue comme ça, on peut imaginer que dans deux ans il va se vendre autant de jambon-beurre que de burger« , estime Bernard Boutboul, directeur du cabinet Gira Conseil, interrogé par l’AFP et qui publie chaque année cet indice. Selon lui, « le burger s’envole grâce au service à table« , c’est-à-dire à son développement dans des restaurants plus traditionnels de restauration dite « à table », par opposition à la restauration rapide.

75% des restaurateurs ont un burger à leur carte

« Le poids de McDonald’s, Quick et Burger King est dérisoire puisqu’il ne représente qu’un tiers (34%) des 1,19 milliard de burgers vendus en 2015« . Aujourd’hui, « 75% des restaurateurs ont un burger à leur carte et 80% d’entre eux nous disent qu’il est devenu le leader de leurs ventes« , souligne M. Boutboul. « Le jambon-beurre se retrouve à nouveau attaqué en 2015, par différents sandwichs ayant des pains et des garnitures différents et parmi eux, on retrouve le burger, qui le talonne« , poursuit le directeur de Gira Conseil. En revanche, le prix du jambon-beurre a augmenté de 3,67% entre 2014 et 2015, à 2,84 euros en moyenne. « Depuis 2010, il n’a cessé de croître avec une augmentation de 12,7% en cinq ans, ce qui est beaucoup pour un produit de base« , estime M. Boutboul. « Il va falloir faire attention car à force (…) cela va contribuer à faire baisser (les) volumes« , prévient-il.

Le sandwich s’envole

Le prix de ce sandwich est 2,17% plus élevé dans les grandes villes (+50.000 habitants). Le plus cher est vendu à Paris (3,40 euros), le moins cher à Alençon (2,30 euros). Le plus cher se vend dans les cafés, bars, brasseries, à 3,34 euros (+3,2%), le moins cher dans les supérettes à 1,90 euro (-1,7%). La plus forte augmentation concerne les hypers et supermarchés (+15,6%). Sur la même période, il s’est vendu 2,26 milliards de sandwichs, toutes gammes confondues, avec un prix unitaire moyen de 3,44 euros (+1,17%), représentant un marché de 7,77 milliards d’euros (+4,43%). Le sandwich « s’envole car c’est la manière de se nourrir la moins chère, tout ce qui est à base de pain fait un carton en France, surtout avec la diversité de pains proposée, et la qualité du sandwich s’améliore« , argumente M. Boutboul. Côté pizza, il s’en est vendu 819 millions (+1,23%), pour un prix moyen de 6,28 euros (-1%) et un chiffre d’affaires de 5,14 milliards d’euros (-4,08%), selon Gira Conseil. Le cabinet s’attarde sur la Reine (sauce tomate-jambon-fromage-champignons), la plus consommée en France. Son prix moyen s’établit à 10,44 euros, en baisse (-1%) pour la première fois depuis trois ans « car les grandes et moyennes surfaces en vendent de plus en plus, à des prix bas démarrant à 1,40 euro« , selon M. Boutboul.

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