La science se cherche Santé

Oeufs, cholestérol et risques cardiaques, l’éternel débat

par AFP
15.03.19

Une nouvelle étude publiée vendredi aux États-Unis apporte une pierre au débat sur les oeufs, tantôt considérés comme bons pour la santé car pleins de protéines, ou mauvais parce qu’ils contiennent du cholestérol.

La nouvelle analyse inclut 30.000 Américains de six études distinctes et est publiée par le Journal de l’Association médicale américaine (Jama). Elle conclut que manger un demi-oeuf supplémentaire par jour augmente le risque de maladie cardiovasculaire (+6%) et de mort prématurée (+8%), dans la période étudiée. C’est relativement faible, surtout qu’un demi-oeuf quotidien, même si cela semble peu, représenterait un doublement de ce que mange l’Américain moyen. Séparément, l’étude montre que 300 mg supplémentaires de cholestérol alimentaire par jour accroissent le risque de maladie du coeur de 17% et de décès prématuré de 18%. Attention, 300 mg est une grande quantité: cela représenterait un doublement de la quantité quotidienne moyenne mangée par les Américains (un gros oeuf contient environ 186 mg de cholestérol).

Ces travaux semblent donc confirmer que manger des oeufs augmente le risque de crise cardiaque ou d’accident vasculaire cérébral. Mais comme toutes les études de ce type, celle-ci n’a pas les moyens d’établir de lien de cause à effet. L’étude fournit néanmoins « assez de données pour déclarer clairement que les oeufs et la quantité totale de cholestérol alimentaire sont des facteurs importants de risque de maladie cardiovasculaire, et surtout de mortalité de n’importe quelle cause« , a commenté le médecin Robert Eckel dans un éditorial dans Jama. Mais comme le souligne Tom Sanders, professeur de diététique au King’s College de Londres, ces résultats sont à comparer à une grande étude américaine publiée en 1999 et qui n’avaient trouvé aucun effet — comme une analyse de 2013 portant sur 3 millions d’adultes publiée dans la revue médicale britannique BMJ.

Une étude chinoise récente a même conclu l’inverse. L’expert pense que les nouveaux résultats ne sont pertinents que pour les Etats-Unis, où l’habitant moyen mange plus d’oeufs et de viande qu’en Europe. « Les oeufs, en modération, sont une bonne chose, et c’est ce que disent les consignes diététiques britanniques actuelles« , écrit Tom Sanders. Soit trois ou quatre par semaine. En France, le site mangerbouger.fr dément l’idée qu’il ne faut pas manger plus de deux oeufs par semaine: « Vous pouvez donc en manger régulièrement« . La diététicienne Victoria Taylor, de la British Heart Foundation, insiste que la façon dont on mange l’oeuf et avec quoi est aussi importante : mieux vaut poché sur du pain que frit sur le plat avec du bacon.

Partagez moi !

Vous pourriez aussi être intéressé par

La science se cherche

Geneviève Michon, l’arbre comme raison d’être

12.03.24
De Java à la Corse, l’ethnobotaniste, écrivaine et photographe d’art parcours les agro-forêts du monde. Elle pose son œil sensible sur ces arbres et leur écosystème pour éclairer les relations qui s’y tissent. Cette baroudeuse espiègle au regard pétillant...

La science se cherche Science

Premier séquençage du génome du petit pois : les légumineuses vont-elles sauver la planète?

05.09.19
Le décryptage du génome du petit pois, réalisé pour la première fois par huit équipes de chercheurs pilotées par l'INRA, ouvre des perspectives très importantes pour la recherche, tant pour nourrir la planète que pour lutter contre le réchauffement...

La science se cherche Europe

De la prairie et moins d’élevage intensif pour nourrir l’Europe en 2050

16.04.19
En adoptant une agriculture agroécologique basée sur la suppression des intrants chimiques, la baisse de l'élevage intensif, et une augmentation des prairies et de l'élevage extensif, l'Europe parviendrait à nourrir "durablement" ses 530 millions d'habitants en 2050, conclut une...