Hospitalité Carnet de route

Cap sur la ZAD

11.07.14

Suite des Chroniques de Siméa et Arthur. Après Le jardin des ronces, cap sur la ZAD, à 20km de Nantes environ.

ZAD - route 2
ZAD, N.D des Landes. C’est fléché …

Comme pas mal de gens, on en a entendu parler aux infos mais sans savoir vraiment ce qu’il se passe à la ZAD. On a donc décidé d’y faire un tour et ça tombait bien parce que mon pote Ben voulait bien venir. Il nous a emmenés avec son J7. La ZAD, c’est la Zone A Défendre, près de Notre-Dame-Des-Landes. Un certain projet d’aéroport y a été lancé. Y arriver est assez complexe car en fait on ne sait pas trop où c’est, même si on a dessiné une carte à partir d’un site. L’arrivée est étrange : la route est remplie de chicanes faites de pneus, de morceaux de bois et parfois de caravanes. Les chicanes assurent la protection des habitants, elles ralentissent la police et également les autres véhicules, ce qui arrange aussi les piétons. Le jour où nous traversons, il ne fait pas très beau et la route ressemble à un champ de bataille.

ZAD - route
Avec un ciel lourd, la route ressemble encore plus à un champ de bataille.

La ferme de Bellevue
Notre objectif est de trouver  la Ferme de Bellevue dont quelqu’un nous a parlé quelques jours plus tôt. En prenant les routes un peu au hasard, on tombe sur un champ où des gens s’affairent autour d’un cheval. On laisse le J7 pour aller voir les types. Ils sont quatre : deux creusent des sillons avec un cheval de trait et une charrue, deux autres sont à côté. Ils remuent la terre autour de pommes de terre pour recouvrir les racines et tubercules et enlever les mauvaises herbes. On leur demande comment ça se passe sur la ZAD au niveau de la bouffe. « On mange des pitchs et des yaourts » esquisse avec un sourire l’un d’eux. Une partie de la nourriture des zadistes se fait aussi autour de la récup. Organisée parfois, elle n’est pourtant pas l’essentiel des produits de la ZAD. Les personnes que nous rencontrons cultivent des terres qui appartiennent au Conseil Régional et ont été concédées à Vinci. Les paysans qui occupaient ces terres avant, ont, pour certains, accepté l’argent qu’on leur proposait pour les racheter. Les zadistes résistent en cultivant les terres.

ZAD
Une carte pour mieux comprendre la ZAD.

La fromagerie
En arrivant, les gens qui habitent là nous accueillent avec de grands sourires mais ne sont néanmoins pas très chauds pour parler face à la caméra ou même présenter ce qu’ils font. Nous n’insistons pas. Même si nous ne sommes pas vraiment journalistes, on ne peut pas leur en vouloir d’être suspicieux. En ce moment, ils s’affairent à revitaliser la ferme. Certains paysans du coin donnent un coup de main en prêtant du matériel notamment. On y trouve quelques vaches, des volailles, un potager, une fromagerie. Au cours d’une discussion, ils nous expliquent qu’en ce moment se déroulent les procès de certains zadistes, qui se sont fait arrêter suite à la manifestation du 22 février, parfois sur des procédures assez floues selon eux, les preuves ne pouvant vraiment être établies. Même si la police ne vient plus vraiment sur les lieux depuis février 2013, les arrestations se font toujours au compte-goutte en dehors. Comme Ben est vachement intéressé par la fromagerie, nous les laissons. Malheureusement la traite des vaches est à 18 heures, trop tard pour nous.

ZAD - fromagerie copie
On a fait un tour à la fromagerie mais la traite des vaches est à 18h.

Les 100 noms
La ZAD est composée de nombreuses petites communautés ou groupements de cabanes, caravanes, à la fois indépendantes et en relations les unes avec les autres, dispersées sur les 1600 hectares du projet d’aéroport. Les gens de la Ferme de Bellevue nous ont recommandé d’aller voir les « 100 noms », ce que l’on fait. Il y a là aussi des plantations : patates, tomates, courgettes, haricots, oignons et pas mal de choses qu’on ne connait pas. Un jardin aromatique, médicinal également. Autour s’étalent quelques cabanes en matériau de récupération. Il semble que plusieurs endroits sur la ZAD  soient des lieux en réelle autogestion alimentaire avec de bons produits. On trouve aussi sur la zone, deux fois par semaine, un marché ouvert aux gens de la ZAD et aux gens extérieurs ainsi qu’une boulangerie aux « Fosses Noires ». L’alimentation restant un sujet majeur sur le site.

La suite à la prochaine chronique …

 

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