Hospitalité Artisan

Adriano Farano, le boulanger qui fait exclusivement du pain qui fait du bien

18.01.24

À quelques pas du Canal Saint-Martin, dans le 10ème arrondissement de Paris, se cache Pane Vivo, l’Officina, l’une des boutiques du dynamique et souriant Adriano Farano. Un lieu discret, moderne et épuré, qui laisse toute la place à ses pains. “Un pain qui fait du bien et qui se garde”, c’est la promesse de ce boulanger italien et elle est tenue à bien des égards…

Adriano Farano / ©Pierre Hivernat

Long et mince, des yeux bleus vifs et une gestuelle très italienne, Adriano nous raconte dans un français parfait, l’histoire de Pane Vivo, inévitablement liée à la sienne, un véritable roman d’aventures. D’abord, avant de devenir boulanger, Adrianl était journaliste. Et puis en 2012, le voilà qui intègre StartX, l’accélérateur de startups de Stanford (Californie) pour y fonder Watchup, dont l’objectif n’était ni plus ni moins que de réinventer le journal télévisé. Quatre ans plus tard, déçu par la tournure que prenait ce media confronté à l’inexorable essor des réseaux sociaux, l’envie de passer à autre chose se fait sentir et l’amène à revendre sa startup et de partir à Paris pour… faire du pain !

Autour de lui, les gens se plaignent que le pain les fait grossir ou bien qu’ils le digèrent mal. Adriano se pose alors tout un tas de questions pour comprendre pourquoi. Il en fait même un livre, Je ne mangerai pas de ce pain là. Ambitieux, il se lance alors le défi de créer un pain facile à digérer, avec un faible indice glycémique, et surtout délicieusement bon. Dans sa boutique, des petits écriteaux collés aux murs expliquent pourquoi le pain conventionnel provoque davantage de problèmes digestifs, et quelle est la différence entre le blé ancien et le blé moderne. Pendant trois ans, Adriano fait des recherches pour trouver LE blé, celui grâce auquel le gluten se dissout complètement et permet de digérer le pain parfaitement. Les créations d’Adriano sont en plus riches en fer, en fibres et contiennent moins de sel que le pain conventionnel. 

Pane Vivo - Officina / ©Anouk Solliez
Pane Vivo - Officina ©Anouk Solliez

Et nous, on déguste ses pains en buvant ses paroles, en regardant ses mains s’agiter autour de son visage, et tout prend sens. Il propose trois catégories de pains différents : “nature”, “aventure” et “gourmands”. On adore particulièrement le pain Livia, à l’olive de Sicile et au romarin du Cap corse. Un voyage en bouche qui vous fait repartir avec des kilos de pain dans les bras… Mais aucun souci à se faire, tout sera mangé ! Le pain d’Adriano se garde, “j’ai encore mangé un pain qui datait d’il y a 5 jours ce matin et la mie était encore moelleuse”, il suffit, comme vous le savez sans doute, d’enrouler vos pains dans un torchon bien serré.
Dans sa boutique, on trouve aussi une petite épicerie : des bouteilles d’huile d’olive, du chocolat cru, des sauces, et évidemment des pâtes… À consommer sans modération ! 

Livre : Je ne mangerai pas de ce pain-là, Éditions du Rouergue, mars 2023, 160 pages (18€).
Adresse : Pane Vivo – Officina. 20 Rue Albert Thomas, 75010 Paris

Partagez moi !

Vous pourriez aussi être intéressé par

Hospitalité Reportage

« Quartier Libre », le joyeux espace alimentaire de la Goutte d’Or où le partage est un art de vivre

07.12.23
À la Goutte d'Or, quartier largement paupérisé et éminemment actif du XVIIIème arrondissement de Paris, Quartier Libre rassemble une diversité de personnes en nourrissant les corps et les âmes.

Hospitalité Carnet de route En voyage

Le goût de l’Écosse

07.04.23
De voyage dans les contrées spectaculaires d'Écosse, voici trois haltes conseillées dans les Highlands, pour vous restaurer et découvrir quelques distilleries.

Hospitalité Laits végétaux

Le lait d’avoine bien parti pour devenir le roi des laits végétaux

11.03.20
Il pèse encore peu sur le marché des laits végétaux mais le lait d'avoine connaît une croissance inédite qui pourrait le voir devancer un jour le soja ou l'amande, grâce à son goût, ses vertus nutritives, environnementales et son...