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Négociations avec la grande distribution: le groupe Avril dénonce les baisses de prix
Jean-Philippe Puig, directeur général d’Avril, numéro un français des huiles (Lesieur, Puget), a dénoncé vendredi auprès de l’AFP de nouvelles demandes de baisse des prix demandées par la grande distribution lors des négociations annuelles, alors que les matières premières sont de plus en plus chères. « C’est juste scandaleux. on ne peux pas continuer à avoir une telle déconnexion entre la hausse de la matière première et des demandes de déflation » de la part de la grande distribution. « On est en train de tuer des filières« , a-t-il déclaré.
M. Puig a expliqué que si l’année dernière, les prix ont augmenté de 17% pour le colza et 15 à 16% pour l’olive, « aujourd’hui la moyenne des demandes c’est -4% » sur les prix de l’huile de table de la part des acheteurs de la grande distribution. « Les discussions sont tellement dures qu’il y a des menaces de déréférencement » des produits d’Avril par les distributeurs, y compris pour les marques phares, a-t-il ajouté. Tous les ans, le secteur de l’agroalimentaire a la même question sur les négociations avec la grande distribution qui doivent aboutir avant la fin février: « à quelle sauce on va être mangé ?« , selon ce grand patron qui a assuré que « c’est de plus en plus compliqué car il n’y a plus aujourd’hui que quatre grandes centrales d’achat. A chaque fois on négocie pour 25% de nos ventes« .
La France « a déjà perdu la bataille«
« Je ne peux pas accepter le double langage d’un certain nombre de personnes qui disent qu’elles ont compris que le monde agricole, celui de la transformation, sont en crise et puis quand on se retrouve dans le bocal (pour les négociations, NDLR) ont un discours totalement différent« , a déclaré M. Puig. Pour lui, « nous entrons dans un cercle vicieux: quand vous n’avez plus de marge, vous n’innovez plus, vous n’investissez plus et rapidement votre rentabilité chute« . Dans des domaines comme la volaille ou le porc, la France « a déjà perdu la bataille » car elle importe aujourd’hui 40% de ses besoins, soutient-il. Il craint que cela n’arrive également pour la filière des oeufs, dont il est un acteur important avec sa marque « Matines » et les oeufs vendus en marque de distributeur.
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