chronique La Cerise sur le gâteau

Un bonus cantine bio et locale dans le projet de loi de finances 2019?

08.09.18

Cette semaine, je voudrais revenir sur l’appel lancé dimanche dernier dans le Journal du dimanche par Audrey Pulvar, Présidente de la Fondation pour la Nature et l’Homme, et 26 autres personnalités dont Nagui, Sophie Marceau et Cyril Dion qui réclament la mise en place d’un bonus cantine bio et locale dans le projet de loi de finances 2019.

un bonus cantine bio et locale dans le projet de loi de finances 2019
Chronique de Pierre Hivernat du 9/09/2018 sur France Culture

En effet, en ces temps de rentrée scolaire et de changement de titulaire au Ministère de la transition écologique, l’annonce mérite attention. De quoi s’agit-il ? L’idée est de verser sur trois ans, 20 euros par an et par enfant, aux établissements volontaires qui s’engagent à faire évoluer leurs pratiques en matière de bio et d’approvisionnement en circuit court. Saluons d’abord et avant tout une initiative qui fait parler d’un sujet majeur en s’attaquant au mal à la racine. Entendons par là que tout enfant qui est formé dès son plus jeune âge aux vertus d’une nourriture saine et goûteuse a des chances de perpétuer son savoir. Saluons également le coup de communication qui va avec, avec force signataires connus du grand public, hashtag #letsbio et avec un objectif précis : convaincre en 100 jours le gouvernement, d’inscrire 330 millions d’euros au budget 2019 pour la cause.

Pourtant cet appel pose à mon sens plus de questions qu’il n’apporte de réponses. Pourquoi ? D’abord, parce qu’une fois encore, on conforte les esprits dans l’idée que la qualité des repas et l’augmentation du pourcentage de bio n’est au fond qu’une affaire de financement, alors que nombre d’exemples montrent que des solutions existent à coûts constants. Et un certain nombre d’élus, inventifs et entourés de bons professionnels mènent depuis longtemps un travail global de fond qui conclue systématiquement au fait que le financement n’est qu’une infime partie des problèmes à traiter.

Plus ennuyeux, me semble-t-il, est le détail du fonctionnement du dispositif proposé par les signataires. Ainsi, quand ils précisent que les bénéficiaires sont les écoles qui cuisinent sur place ou dans une cuisine centrale à proximité servant moins de 2 000 repas par jour, ils excluent d ‘emblée toutes les grandes villes et grosso modo toute ville de plus de 40.000 habitants. Pour une mesure sensée être la plus égalitaire possible, c’est ennuyeux, voire inconstitutionnel. Quant à la disposition qui précise que la cuisine peut être réalisée en régie ou concédée à une société de restauration, elle permet, de fait, de flécher in fine une subvention publique vers l’un de ces grands groupes industriels de restauration collective dont on n’a pas encore très bien perçu jusque là leur implication fondamentale dans l’éducation au goût de nos enfants.

Bref, si les signataires de cet appel arrivent à leur fin dans leur opération beurre bio dans les épinards bios, tant mieux pour tout le monde ! Mais rien ne sera possible sans un changement de paradigme beaucoup plus profond. Un changement qui par exemple mettrait la cuisine et les cuisiniers au centre et verrait la fin de l’énorme gaspillage dans les cantines. C’est d’ailleurs ce que mettent progressivement à l’œuvre les 100 villes adhérentes d’un association fort efficace, Un plus Bio, dont Paris, Nantes, Toulouse, Grenoble ou Poitiers et des Régions comme la Région Occitanie ou la Région Pays-de-la-Loire, qui ont permis à l’association de faire un énorme travail de fond jusqu’à éditer ce livre symbole qui sera en librairie le 18 septembre prochain et intitulé avec humour : « Je veux manger comme à la cantine bio » et qui permettra enfin aux parents de cuisiner fièrement, comme-à-la-cantine.

Les Bonnes Choses du 8/09/2018

La tomate est-elle encore bonne ?

Simple fruit ou or rouge? A l’occasion de plusieurs festivals et autres rendez-vous des tomatiers et tomatophiles ce weekend, zoom sur la tomate en compagnie d’un collectionneur cultivateur et d’un grand reporter. Ce weekend, les gourmands et les passionnés se sont donné rendez-vous : les uns au château de la Bourdaisière à Montlouis-sur-Loire, pour le vingtième anniversaire du festival de la Tomate, les autres Haverskerque, autre lieu incontournable des tomatiers et tomatophiles. L’occasion pour Les Bonnes choses de nous pencher sur ce fruit, plutôt rond, plutôt rouge, que l’on mange normalement plutôt l’été, dont il existe quelque 36000 espèces qui répondent aux doux noms de Roma, Cœur de bœuf, Saint-Pierre, Noire de Crimée ou Ananas.

Invités:

Jean-Baptiste Malet, auteur de L’empire de l’or rouge paru chez Fayard

Pascal Antigny, collectionneur de tomates et vice-président de l’association internationale de tomatophilie

Chroniques:

La madeleine de … Denis Podalydès, comédien « Je me souviens de ces endives qui baignaient dans l’eau »

Et La Cerise sur le Gâteau, la chronique de Pierre Hivernat « Le bio dans les cantines, la panacée? ».

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