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Marion et Nicolas: le goût de l’hydroponie

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Marion et Nicolas se sentaient un peu à l’étroit dans leur vie métro-boulot-dodo à Buenos Aires, coincés dans un deux pièces sans jardin. Ils décident donc de faire pousser des laitues sur leur balcon, sans terre. C’est ainsi qu’ils se lancent dans l’hydroponie, s’exfiltrent dans le Gers et en font désormais leur métier.

Contre toute attente, les laitues du balcon de Buenos Aires donnent à gogo. Ils décident donc de prendre leurs cliques et leurs claques et d’aller faire découvrir l’hydroponie en France. Les poches pleines de graines, ils s’installeront dans le Gers en 2013 pour monter une ferme pilote en collaboration avec General Hydroponics Europe. « À la chambre d’agriculture, ils n’ont pas compris grand chose … On nous a pris pour des hippies en nous disant de faire plutôt du maïs!!! »

Les sourciers étaient nés. Restait quand même la lourde tache de convaincre que les légumes cultivés en hydroponie, ce n’était pas qu’un truc gorgé de flotte et sans goût. « La plupart des gens ne connaissent pas du tout l’hydroponie, voire même en ont une bien mauvaise image. » explique Marion pleine d’enthousiasme. Concrètement, il s’agit de faire pousser des plantes en remplaçant la terre par de l’eau enrichie de sels minéraux et d’oxygène. Et c’est là toute la différence en terme de goût. « Nous, on met un gros budget dans les nutriments de la plante et zéro budget dans les traitements. Parce que c’est simple, si la plante n’est pas nourrie, elle est moche. »

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Et côté gustatif, rien à dire puisque la quasi totalité de leur production (cueillie du matin) est vendue aux chefs ainsi qu’à la Ruche qui dit Oui au grand bonheur des consommateurs qui ont ainsi accès à l’exceptionnel : Pourpier de mer, Oyster leaf, Amarante de Chine, Moutarde Red Giant, Ciboule de Chine, Bok Shoy, Ficoïde Glaciale, Oseille sanguine…etc. « Nous privilégions des variétés de plantes en nous basant sur leur goût et non sur leur résistance au transport. Pour contrer une importation peu écologique des espèces importées depuis l’Asie qui arrivent donc fatiguées du transport, nous offrons aux restaurateurs les mêmes plantes, fraiches que nous produisons localement.» Si l’achat de graines de variétés anciennes via des associations comme Kokopelli leur a permis de constituer un premier patrimoine, Marion explique avoir troqué pas mal de graines au début, et maintenant recycler absolument tout … .

Mais si le goût est un des enjeux de nos sourciers, celui d’une production durable l’est tout autant. Marion et Nicolas s’engagent en effet à n’utiliser que des méthodes de culture durables et responsables : zéro pesticides et zéro herbicides en privilégiant donc la lutte biologique pour défendre leurs plantes contre les attaques d’insectes ravageurs. De l’hydroponie Bio en quelque sorte ou s’en approchant, le terme ne s’appliquant qu’aux cultures en terre.

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Alors en gros, la recette de cette petite entreprise ? Une bonne graine, une bonne nutrition, aucun pesticide, et de faibles coûts de structure permettant de dégager deux salaires pour 600m2 de foncier. Et s’ils ne souhaitent pas forcément changer de format, nos deux sourciers proposent aussi des formations afin qu’une hydroponie bonne pour nos papilles et pour la planète se développe toujours plus. Peut-être avec eux le retour des célèbres jardins suspendus de Babylone ?

Rencontre avec Marion

Photos : Instagram – Les Sourciers