Miel : consommateurs et apiculteurs réclament une « réelle traçabilité » au gouvernement

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L’association de consommateurs UFC-Que Choisir et les apiculteurs de l’UNAF ont demandé jeudi au gouvernement une réforme de l’étiquetage du miel, obligeant la mention des différents pays d’origine pour aboutir à une « réelle traçabilité ». « Alors que la production française de miel a considérablement chuté et ne permet pas de satisfaire la consommation nationale, de plus en plus de miels mélangés, provenant de divers pays, fleurissent dans les rayons, mais avancent masqués quant à leur origine », indique un communiqué des deux organisations. « Il n’y a pas de vraie traçabilité du miel en France, car il n’y a aucune obligation d’indiquer le pays d’origine, nous voulons l’origine nationale systématique comme c’est déjà le cas en Italie et en Grèce » a déclaré Olivier Andrault, de l’UFC-Que Choisir au cours d’une conférence de presse conjointe avec l’Union nationale de l’apiculture française (UNAF) à Paris.

A ce jour, la seule obligation d’étiquetage pour des miels qui mélangent des origines françaises et importées est une mention opaque « mélange de miels originaires/non originaires de l’Union européenne », a souligné Henri Clément, secrétaire général et porte-parole de l’UNAF, qui réunit 20.000 des 70.000 apiculteurs français (soit 400.000 ruches environ, la moitié du cheptel français). « C’est aussi précis que si l’on disait que c’est du miel qui vient de la planète Terre » a ironisé Gilles Lanio, président de l’UNAF. Selon UFC-Que Choisir, l’absence de transparence aboutit à ce que 80% des consommateurs pensent à tort consommer du miel français (étude de FranceAgriMer datant de juin 2016), alors qu’il s’agit « le plus souvent de mélanges provenant de différents pays et à la qualité variable ».

L’association de consommateurs pointe particulièrement la Chine, premier pays producteur de miel, qui est « souvent épinglée pour des fraudes comme l’ajout de sirop de sucres ». Selon l’association, 75% des miels consommés en France sont importés, venant principalement de Chine, d’Ukraine, d’Argentine, de Hongrie, d’Espagne et d’Italie. En 2014, les tests de UFC-Que Choisir avaient constaté que sur 20 miels « premier prix » achetés dans diverses enseignes de la grande distribution, six présentent des ajouts de sucre, soit presque un tiers des produits. En 2015, une étude de la Commission européenne dén