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Loi alimentation: déception des syndicats agricoles

par AFP
17.09.18

Les syndicats agricoles se sont montrés très critiques, après le vote à l’Assemblée nationale de la loi agriculture, dénonçant unanimement un manque d’ambition quant à la rémunération des agriculteurs.

Les agriculteurs souhaitaient que les filières puissent s’appuyer sur l’Observatoire de la formation des prix et des marges des produits alimentaires (OFPM) pour établir ces indicateurs, afin d’éviter que les acteurs les plus puissants – distributeurs et transformateurs – n’imposent leur volonté. Mais un amendement adopté jeudi va contraindre les organisations interprofessionnelles à les élaborer et à les diffuser elles-mêmes, suscitant déception de la FNSEA et la Confédération paysanne, un signal d’alarme lancé avant l’examen du texte au Sénat.

Le texte, adopté en nouvelle lecture par l’Assemblée samedi, doit être examiné le 25 septembre au début de la session extraordinaire à la Chambre Haute. « Plus d’un an après le lancement des États généraux de l’Alimentation, l’examen de la loi qui devait mettre en oeuvre les conclusions de cet exercice de concertation inédit, approche de son terme et ses ambitions fondamentales ne sont pas atteintes », attaque la FNSEA dans un communiqué diffusé lundi. Le syndicat majoritaire souhaite, en cas d’échec des interprofessions à fixer des indicateurs de coûts de production, que soit prévu dans la loi le recours systématique à l’observatoire des prix et des marges.

L’obligation pour les interprofessions de produire ces indicateurs « n’est malheureusement qu’un leurre dans la mesure où rien n’est prévu si cette obligation n’est pas satisfaite », estime la FNSEA, pour laquelle l’État « refuse d’assumer son rôle de régulateur ». « Le désengagement de l’État est dramatique sur ce dossier où les paysans ont besoin d’être protégés des griffes d’un modèle économique qui les broie jour après jour », a estimé de son côté la Confédération paysanne.

« La responsabilisation attendue des différents acteurs est un mirage auquel nous ne croyons plus tant la discussion interprofessionnelle est tronquée par le déséquilibre des forces en présence et ce n’est pas le médiateur qui suffira à inverser la tendance », a-t-elle ajouté, déplorant un « manque cruel d’ambition et de volonté de faire changer les choses ». « Cette loi aurait dû être le socle d’un renouveau agricole et alimentaire et c’est une nouvelle fois un renoncement auquel nous avons assisté », insiste la Confédération paysanne, qui s’en remet à l’Europe et à la prochaine politique agricole commune (PAC), qu’elle espère voir orienter ses aides vers l’emploi et la transition.

Un son de cloche semblable à celui de la Coordination rurale, qui regrette que les parlementaires et le gouvernement « n’aient pas eu le courage de changer les modalités de construction des prix agricoles et de voter une loi basée sur autre chose que l’improbable bonne volonté des distributeurs et transformateurs ». Le syndicat « espère que la France pourra porter cette revendication à Bruxelles car il est urgent d’agir sur la PAC pour protéger les agriculteurs en arrêtant de les faire s’affronter ».

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