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Asticots et vin de souriceaux: un musée de la nourriture dégoûtante

12.09.19

Hamster rôti, fromage grouillant d’asticots, foie gras ou vin de souriceaux : le « Musée de la nourriture dégoûtante » présente des recettes déconcertantes pour certains visiteurs peu habitués à de telles concoctions. Après Malmö en Suède, l’exposition fait étape à Nantes.

Pénis de taureau © Disgusting Food Museum

Mise à jour d’un article du 20 novembre 2018.

Il s’agit en fait d’une exposition imaginée par le créateur du musée des échecs, Samuel West, et proposée pour trois mois dans les anciens abattoirs de Malmö (sud), jusqu’au 27 janvier. Et elle promet de piquantes sensations. L’idée est de « permettre aux gens d’explorer le monde de la nourriture» et de se rendre compte des « biais » culturels, explique tout de go le directeur du Disgusting Food Museum, Andreas Ahrens. « Le dégoût, c’est toujours subjectif. Il dépend de ce avec quoi on a grandi. C’est comme si l’on avait été endoctriné.»

L’exposition présente époisses, homard, escargots et bonbons gélatineux, plus courants en Europe que les têtes de lapin ou le jus à l’oeil de mouton, également exposés avec d’autres recettes qui, pour le public, semblent parfois tout droit sorties d’un grimoire de sorcière. L’explorateur gastronome est prévenu dès l’entrée : son estomac pourra être retourné lors de ce tour du monde express de spécialités plus ou moins incongrues, relevant autant de la tradition que de l’ultra-malbouffe.

Le billet d’entrée n’est autre qu’un sac à vomi, afin de parer à toute éventualité en cas de haut-le coeur du visiteur lors de ce parcours culinaire décapant, qui prend entre une demi-heure et deux heures – selon les goûts. « Je crois que c’est de loin l’un des musées les plus intéressants que j’ai visités», se réjouit Charlie Lam, une étudiante hongkongaise de 23 ans.

 

Contempler, humer, goûter

Le fondateur des lieux « a commencé par réfléchir aux musées qui n’existent pas et qu’il aimerait visiter, et ça a donné cela », explique M. Ahrens. Avec ses amis, Charlie a découvert les 80 plats exposés, humé le singulier parfum de quelques-uns et poussé la curiosité jusqu’à goûter certains aliments. Parmi eux, elle se souviendra de l’inénarrable Su Callu, fromage sarde présenté dans une tripe séchée qui laisse dans la gorge de longs relents d’ammoniaque, ou du hakarl, requin fermenté qui constitue un régal en Islande.

Mention spéciale selon elle au réglisse salé, une friandise très appréciée dans les pays nordiques, et aux fromages britanniques et français dont la puanteur la hante. Ici, beaucoup de mets sont frais et certains peuvent être touchés. Difficile ainsi pour certains curieux de résister à tâter le pénis de taureau cru, un aphrodisiaque en Chine.

« Je n’ai pas vomi ! »

« Si c’était seulement de la nourriture artificielle, en plastique ou des trucs en conserve, ça ne serait pas aussi intéressant ni aussi drôle», ajoute M. Ahrens. « C’est une partie importante de l’expérience pour le visiteur», que le directeur des lieux guide volontiers à travers les tables d’exposition. Certains mets sont présentés par vidéo, comme le coeur palpitant de cobra – une spécialité du Vietnam – qui se doit d’être dégusté avec son sang. « C’est vraiment ce que j’ai trouvé de plus surprenant», avoue Adam Eliasson, un ouvrier de 24 ans.

Des fromages particulièrement odorants sont, eux, proposés à la dégustation. Les produits frais sont conservés au frigo avant d’être jetés tous les trois, quatre jours. « D’habitude je suis plutôt difficile en matière de nourriture», s’amuse Adam Eliasson. « Je mange très peu de choses (…) mais là, j’ai tout goûté (parmi ce qui était proposé). Et je n’ai pas vomi!», se réjouit-il. Nombre de mets tels que les soupes de tortue ou de chauve-souris, le ragoût de crâne de mouton ou l’alcool de souriceaux sont toutefois épargnés aux valeureux visiteurs.

Par Camille BAS-WOHLERT pour l’AFP


Le Disgusting Food Museum est à visiter jusqu’au 3 novembre 2019, à Nantes,  HAB Galerie / quai des Antilles (parc des chantiers)

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