Biodiversité

A qui appartient le vivant ?

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Les Américains trouvent dans les étals de leurs supermarchés des oignons qui ne font pas pleurer, une salade croustillante comme une chips, un brocoli concentrant trois fois plus d’antioxydants que les autres, donc encore meilleur pour la santé. Ces légumes « high-tech » ne sont pas « génétiquement modifiés », mais issus des techniques modernes d’amélioration des plantes, à savoir l’amélioration variétale assistée par la génomique.

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Ces avancées, potentiellement très utiles pour le bien commun, car permettant de mieux utiliser les ressources génétiques, suscitent toutefois des craintes quant à la restriction de l’accès à ces mêmes ressources qu’impose le brevetage de ces innovations. De nombreux acteurs estiment plus pertinent le système de certificats d’obtention végétale (COV), adopté par 70 Etats dans le monde dont la France, qui donne certes un droit d’exclusivité pendant 25 ou 30 ans sur la commercialisation d’une variété protégée, mais autorise sa libre utilisation à des fins de croisements pour obtenir de nouvelles semences.

Christian HUYGHE est Directeur Scientifique Adjoint « Agriculture » de l’Inra où il est en particulier en charge des problématiques liées à l’évolution des systèmes de production, de la génétique et génomique animale et végétale, du partenariat avec les instituts techniques et les coopératives et de la question générale de l’innovation en agriculture.