Les eurodéputés inquiets d’un allégement des contrôles sur les aliments importés de Fukushima

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Le Parlement européen a mis en garde mercredi contre un projet de la Commission qui viserait à alléger les contrôles sanitaires imposés aux produits alimentaires importés de la région de Fukushima au Japon, contaminée par la catastrophe nucléaire de 2011.

Dans une résolution adoptée à une large majorité à Strasbourg, le Parlement a demandé à la Commission de « retirer son projet » et d’élaborer une nouvelle proposition de façon à ce que « toutes les denrées alimentaires et tous les aliments pour animaux importés dans l’Union depuis le Japon (…) soient soumis à des contrôles et vérifications ». « Il faut être très vigilants » sur cette question, « d’autant plus dans le contexte des négociations de libre-échange en cours entre le Japon et l’UE. La Commission européenne doit montrer plus que jamais qu’elle a effectué les vérifications et analyses appropriées », a souligné l’élue écologiste française Michèle Rivasi.

L’inquiétude des parlementaires porte sur un projet visant à réduire la liste des denrées alimentaires dont l’importation dans l’UE est soumise, depuis la tragédie de Fukushima, à des tests de radioactivité pratiqués au Japon. Cette obligation concerne actuellement douze préfectures japonaises, proches de Fukushima (nord-est du Japon), et s’applique notamment à des champignons, poissons et produits de la pêche, ainsi qu’à du riz, ce dernier entrant dans la composition d’aliments pour bébés.

Les eurodéputés ont déploré que la Commission ne leur ait pas fourni les données sur lesquelles elle s’était basée pour proposer un tel assouplissement des exigences sanitaires. Or, même sans ces éléments, « il existe des raisons suffisantes de croire que la proposition pourrait conduire à une augmentation de l’exposition à des aliments contaminés radioactifs avec les incidences qui en découlent sur la santé humaine », a fait valoir le Parlement.

Mme Rivasi a critiqué l’argument, avancé selon elle par la Commission, selon lesquel « les niveaux de contamination du riz (au Japon) sont bien inférieurs aux limites maximales établies pour les aliments pour nourrissons » par un réglement européen. « Pour les groupes les plus vulnérables à la radiation, aucun niveau de contamination n’est tolérable ! », a fait valoir l’élue française. Cette question doit être examinée dans les semaines à venir par des experts nommés par les Etats membres, avant un vote prévu en octobre, a expliqué à l’AFP un porte-parole du Parlement.