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L’Australie subventionne les compagnies aériennes pour secourir ses pêcheurs de homards

Face à la quasi-disparition du trafic aérien international dû à la crise du Covid-19, l’Australie subventionne une quinzaine de compagnies aériennes pour assurer l’exportation en soute de ses précieux homards, saumons, et autres produits de l’agriculture ou de la pêche, afin de soutenir ses producteurs en crise.

Le « mécanisme d’assistance au fret international » (International Freight Assistance Mechanism) lancé par le gouvernement il y a deux mois a permis de transporter plus de 10.000 tonnes de saumon, homard, viande de boeuf et autres produits agricoles « premium », dont 3.000 pour le seul marché chinois, selon un point d’étape sur le programme révélé début juin par Michael Byrne, le coordinateur en chef de ce mécanisme. Début avril, le gouvernement australien avait annoncé avoir négocié la mise en place de vols de fret avec une quinzaine de compagnies aériennes, qu’il s’est engagé à subventionner à hauteur de 50%, et pour un montant total de 110 millions de dollars australiens. Ces vols partent de Sydney, Melbourne, Brisbane et Perth pour desservir les marchés clés des producteurs de fruits de mer, mais aussi de viande de boeuf, que sont la Chine, le Japon, les Emirats Arabes Unis ou encore Singapour.

La chine toujours friande

Malgré des sanctions visant l’orge mais aussi quatre des plus grands abattoirs australiens, la Chine semble toujours friande des denrées venues d’Australie. « Sans fret aérien, notre industrie est dans l’impossibilité de mettre nos produits sur les marchés internationaux. Pas d’accès au marché signifie pas de travail pour des centaines de nos employés, de pêcheurs répartis sur plus de 1.000 km le long de la côte occidentale de l’Australie. Nous remercions donc chaleureusement la réponse commerciale du gouvernement qui a permis de maintenir notre industrie à flot et à notre personnel de conserver leur emploi en cette période très difficile« , a réagi Matt Rutter, le PDG de la Geraldton Fishermen Cooperative, la plus grande coopérative de pêcheurs de homard du monde, basée en Australie Occidentale.

Dans le monde du homard australien, la crise est très sévère. « La pandémie en Chine nous a fait très mal. Nos exportations sont tombées à zéro juste avant le Nouvel An chinois, qui est traditionnellement la période au cours de laquelle nous pêchons le plus et où nous exportons le plus. Mais cette année, nos bateaux sont restés à quai pendant plus d’un mois, jusqu’à ce que le marché chinois commence à se rétablir« , rappelle à l’AFP Shaun McInnes, directeur des affaires générales de la coopérative de Geraldton. Alors que celle-ci pêche habituellement plus de 4.000 tonnes de homard par an, leurs volumes de pêche ont chuté de 90% en février et mars. La raison est simple: plus de 90% de la production est exportée, dans l’immense majorité des cas vers la Chine.

 1.048 vols au total

Et même s’il s’agit d’un des premiers pays à avoir repris ses activités habituelles, les avions, eux, sont restés cloués au sol. Or ces homards sont souvent transportés, dans plus de 90% des cas, dans la soute d’avions de transport de passagers. C’est le cas aussi pour le saumon ou l’abalone, que l’Australie pêche également en grande quantité. Dans ce contexte difficile, le programme de subventions a quand même permis aux pêcheurs de Geraldton d’exporter 500 tonnes de homard et au groupe Tassal, le premier producteur de saumon australien, qui est lui établi en Tasmanie, d’assurer des livraisons à l’international d’environ 300 tonnes. Et le ministère du Commerce annonce régulièrement de nouvelles liaisons. Début juin, Simon Birmingham a annoncé la signature d’un accord avec la compagnie Cathay Pacific, pour assurer une liaison hebdomadaire entre Hong Kong et Adelaïde (Australie Méridionale). Le ministre a aussi annoncé récemment une liaison directe entre Hong Kong, Singapour et Toowoomba, au coeur d’une région d’agriculteurs située dans le Queensland. Lors de son point d’étape, Michael Byrne a assuré avoir négocié au total 1.048 vols, qui permettront d’acheminer plus de 23.000 tonnes de denrées périssables à l’international.

Par Gregory Plesse pour AFP

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