chronique Carnet de route

Voyage au centre de la France

25.09.14

Ça a été toute une histoire pour arriver dans le Centre. Comme on ne connaissait pas, on ne savait pas vraiment où aller. On a donc décidé de suivre Brel une fois de plus et d’aller à Vierzon. Direction Auxerre en stop, puis covoit jusqu’à Orléans puis covoit pour Vierzon. On est arrivé tard à Vierzon, qui n’était pas vraiment Vierzon mais Mery sur Cher. Bref.

Maroussia nous a accueillis dans une grande colocation de cinq personnes dans une belle maison avec grange et jardin. On y a passé quelques jours, entre plusieurs personnages assez marrants qui nous ont, bien entendu, parlé de quelques spécialités du coin, « Berry s’vous plait ». La Pâté de Pâques ou Pâté berrichon : de la chair à saucisse, de l’œuf dur et de la croûte ; les œufs en couilles d’ânes : une préparation spéciale où l’on fait tourner un liquide, du vin ou de l’eau avec du vinaigre et dans lequel on casse des oeufs, les lentilles du Berry ou encore le poulet au Quincy.

Les colocataires ont voulu organiser un repas pour nous faire goûter la fromagée, une spécialité berrichonne. On n’est pas sûr de l’orthographe mais on a décidé d’un commun accord que ça s’écrirait comme ça. Pour ce faire, on avait besoin de fromage blanc. On est donc allé chez Mumu, qui fait du fromage de chèvre avec ses chèvres, personnage de Vierzon d’une énergie incroyable et à la répartie joyeuse. Bob nous a emmené la voir, puis nous sommes rentré à la colloc par les champs, abandonnant la ville et longeant le canal du Berry, pour préparer le repas. Il était simple, mais, comme ils disent, « dans le Berry tu fais un repas qui prend  toujours assez de temps pour prendre l’apéro. » Maroussia bossait dans le vin, elle nous a donc fait goûter un petit blanc de la propriété parentale. Délicieux. Enfin bref, tout ça s’est fini en parties de babyfoot.

Vierzon - Fromages de Mumubiquette
Fromages de Mumubiquette à Vierzon
Mery sur cher - Le cher
Promenade le long du Cher

Puis on a décidé d’aller voir ce qu’il se passait à Tours. Après avoir fait les touristes (mais oui, ça nous arrive aussi un peu) on a rencontré Vanessa Gilbert, diététicienne, qui anime les ateliers de Saperlipopote et avait répondu la veille à notre appel de détresse sur couchsurfing. Elle nous attendait pour manger dans sa maison qui était aussi son cabinet. Qu’est-ce qu’on mange chez une diététicienne ? J’étais inquiet, je l’avoue. Purée d’aubergines aux graines de fenouil avec galettes de lentilles, salade tomates basilic et petites graines de courges toastés pour grignoter, c’était excellent ! « Ca bouge pas mal dans la ville, le développement agricole est au centre d’une sorte de renouveau, du moins de questionnement. Le développement de l’agriculture BIO est notable et les producteurs se regroupent, se mutualisent et réfléchissent ensemble au devenir de l’agriculture et aux méthodes à trouver. Je participe parfois aux réunions pour donner des conseils sur certains produits, les pâtes par exemple. Les initiatives locales se développent aussi, comme le P’tit Gibus qui regroupe plusieurs producteurs sur des points de vente à Tours. » nous-a-t-elle expliqué pendant le repas.

Quand on lui demande s’il y a des problèmes dans les habitudes alimentaires des français, elle fait la moue car la généralisation ne l’intéresse pas vraiment. Plus globalement, elle a un avis sur la structure des repas. « On est habitués en France à suivre une structure établie qui comprend : entrée, plat, fromage, dessert. Le plat, c’est souvent une viande et un accompagnement, mais ce n’est pas une obligation ! Il n’en n’a pas toujours été ainsi dans l’Histoire culinaire française et ça ferme la porte à d’autres structures de repas, un plat par exemple où tout est mélangé » explique t-elle. « Et puis, nous consommons trop de viande. L’être humain est omnivore et il lui faut de la viande mais nous avons largement dépassé les doses.» poursuit elle. Manger moins de viande, mais de meilleure qualité, c’est ce que recommande Vanessa.

Et puis, bon, j’avais toujours cette question qui me taraudait : « quel est donc le boulot d’une diététicienne ? » Selon elle, la diététique est un peu complexe et, en tous les cas, ne se résume pas à un régime en trois semaines pour perdre 10 kilos. C’est est un savant mélange entre nécessité, plaisir, façon de vivre et intérêt pour ce que l’on met dans son assiette. Beaucoup de ses patients – elle n’aime pas ce mot – viennent la voir pour maigrir. Ils s’attendent à des remèdes miracles qui agiront en quelques semaines. Elle préconise du temps. Il faut savoir prendre son temps. La pratique de la diététique s’accorde chez elle avec une philosophie de vie inspirée de la médecine chinoise qui prend en compte un ensemble pour soigner quelque chose alors que la médecine occidentale soigne les symptômes mais pas la cause. En dehors de son cabinet, elle organise avec une amie un atelier cuisine. L’idée est d’apprendre à diversifier son alimentation et de dédramatiser le côté « chef cuistot ». Tout le monde n’est pas chef étoilé et tant mieux, le principe est de faire à manger au quotidien de façon simple et en libérant sa créativité. Son amie donne les informations sur les produits de saisons et elle donne des clés pour se faire plaisir en cuisinant sainement.

Chèvrerie de Mumubiquette
Chèvrerie du Bois Cherriot
Muriel et Jean Marc BARD
27 chemin des Péages
18100 Vierzon

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