chronique La société à travers ce que l'on mange

La Grenouille à Grande Bouche bat la campagne au Palais de l’Élysée

17.01.22

Le numéro 12 du trimestriel « La Grenouille à Grande Bouche » est à la fois enthousiasmant grâce à lui-même et décevant à cause de la Campagne électorale. Enthousiasmant car on y trouve comme d’habitude de magnifiques portraits et reportages et décevant  de par le peu de grain à moudre des programmes des candidats à la prochaine échéance électorale présidentielle, quand programme il y a…


 

Se donner comme objectif d’aller fouiller les programmes électoraux des candidats à l’élection présidentielle pour y dégoter quelques pistes d’une politique alimentaire et agricole novatrice et ambitieuse n’est visiblement pas une sinécure. Les journalistes de La Grenouille à Grande Bouche s’y sont essayés au mois de décembre dernier et le résultat oscille entre la maigreur et l’indigence.

Ceci étant, nous avions nous-même fait l’exercice en 2017 en épluchant les programmes de Fillon, Macron, Mélanchon, Hamon et Le Pen et la relecture de ces articles est édifiante. Comme si le sujet était au fond relativement annexe, peu susceptible d’intéresser les citoyens et de toutes façons toujours traité du point de vue de la politique agricole. Toutes les grandes problématiques sont sur la table depuis cinq ans et au-delà des discours et des bonnes intentions, voire des grandes messes comme les États Généraux de l’alimentation, on ne peut que constater le train de sénateur qui gouverne la temporalité des réformes nécessaires.

Vu d’un terrain à échelle humaine, les choses sont différentes. En témoigne cette intéressante interview de Loïg Chesnais-Girard, Président de la Région Bretagne qui « envoie un million d’œufs par jour à Paris », pas lui, la Région !

La thématique « manger local » revisitée à travers la nécessité d’avoir 1,2 millions de poules à disposition pour honorer la commande prend alors une toute autre dimension. On attendrait d’un programme électoral présidentiel qu’il rompe avec cet équilibre pour réseaux sociaux entre « y a qu‘à-faut qu‘on » et « il est urgent d’attendre », mais rien dans l’enquête des journalistes de La Grenouille ne vient infirmer ce triste état des lieux des QG de campagne.

C’est ainsi que, faute de grain prospectif à moudre, le douzième opus de La Grenouille à Grande Bouche nous offre une série d’articles avec moult illustrations et photos sur le Palais. L’Élysée, ses menus, ses chefs, ses fournisseurs, un petit bout de la lorgnette qui en dit parfois beaucoup plus long que de vains discours. Et tant pis pour la prochaine élection mais le champion incontesté de notre représentation gastronomique, même venant de la petite bouche de ceux qui n’était pas de son bord politique, reste Jacques Chirac, auquel ce numéro rend souvent une forme d’hommage attendrissant et à tout le moins humain.


À lire en la commandant ici, mais franchement, on vous conseille l’abonnement!

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