chronique Exposition

Des villes qui mangent

29.11.19

Demain ouvre, à la Bibliothèque municipale de la Part-Dieu, l’exposition « Des villes qui mangent » co-réalisée avec Alimentation Générale. A horizon 2050, nourrir les villes est un enjeu d’organisation urbaine colossal. L’exposition ne cherche pas à trouver des réponses à des enjeux forts complexes mais à poser quelques jalons donnant des clés de compréhension.

Quelques données chiffrées simples permettent de se rendre compte de l’échelle des enjeux : la Métropole de Lyon approchant 1,4 millions d’habitants mangeant trois fois par jour, ce sont plus de quatre millions de repas qui sont préparés quotidiennement donc plus de 1,5 milliard par an !

À l’échelle planétaire, 30% de la population mondiale était urbaine en 1950, ce chiffre est aujourd’hui de 55%. Et en 2050, au moment où la planète devra nourrir entre neuf et dix milliards d’individus, 65 à 70% d’entre eux devraient habiter des villes. Ajoutons que si les projections démographiques ont une marge d’erreur restreinte, il faut malheureusement ajouter au tableau les conséquences du réchauffement climatique où les incertitudes sont nettement plus importantes, notamment en terme de migrations de populations.

Découpée en cinq partie : comment l’alimentation a façonné les villes, la société moderne de l’alimentation, faire ses courses, les enjeux de l’alimentation de demain, le pouvoir d’agir, l’exposition pose ainsi quelques jalons qui permettent d’appréhender ces enjeux dans leurs perspectives historiques, à l’échelle métropolitaine et à l’échelle planétaire.

Source de plaisir et de partage, la nourriture est aussi à l’origine d’une expérience mémorielle personnelle. A chacun sa madeleine : le boeuf-carotte, le couscous au beurre, le taboulé, le melon, la tortilla, le poulet rôti, le gratin d’endive, … sont pour certains des déclencheurs de cette fameuse impression de réminiscence que procuraient les gâteaux de son enfance à Proust. On découvre donc aussi quelques “Madeleine de…”  produites par France Culture qui invitent des personnalités à nous confier leurs propres souvenirs gustatifs. D’Omar Sy et le thiakry sénégalais inimitable de sa mère, au sel des côtes atlantiques qui rappelle à Jane Birkin le goût de l’océan et celui de la peau des bébés, la nourriture devient le témoin d’un héritage et d’une histoire personnelle, aux confins de l’intime.

Du champ à l’assiette, de la production à la transformation en passant par le transport et la distribution, chaque étape pour nourrir les urbains fait l’objet de politiques de plus en plus offensives, pour répondre aux attentes des populations. Dans la société civile, le désir de se réapproprier des pratiques culinaires et de production renaît et nombre d’initiatives voient le jour en ville, des jardins partagés à l’agriculture urbaine notamment. A mi-chemin de la planification urbaine et de l’engagement local, une troisième voie doit s’inventer pour co-construire la résilience alimentaire des villes contemporaines.

 

 

L’exposition se tient dans le cadre de l’événement TOUS À TABLE ! organisé par la BmL et les bibliothèques partenaires de la Métropole de Lyon invite les publics des bibliothèques et les acteurs de terrain à échanger autour des enjeux contemporains de l’alimentation. Les pratiques alimentaires évoluent et les citoyens s’interrogent sur l’impact de leur choix alimentaires sur leur environnement et leurs communautés. Comment agir aujourd’hui et demain pour rendre cet acte quotidien plus durable et plus solidaire ?

Le programme de Tous à Table !

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