Débats Haut Débit

Débats Haut débit

Bio et techno, le mariage pour tous

Par & -


Pour ce premier débat Haut débit organisé par La Ruche qui dit oui au Salon de l’Agriculture, soyons honnête, on ne s’attendait ni au pire ni au meilleur, mais plutôt à des monologues parallèles. D’un côté de jeunes technoïdes élevés à la graine de drones et de l’autre quelques bons agriculteurs regardant passer les trains de la technologie avec suspicion, en ruminant des « c’était mieux avant ». Erreur totale d’appréciation d’un phénomène qui est vite apparu comme beaucoup plus révolutionnaire qu’il n’y paraît.

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Le premier coup est parti d’André Sergent, agriculteur et éleveur de porcs à la toute pointe perdue du Finistère et Président de la Chambre d’Agriculture du Département. Fils d’un agriculteur qui n’avait pas grand chose à manger après la guerre et père d’un fils qui ne quitte jamais son smartphone branché sur le GPS du tracteur, il a tout de suite remis les choses en perspectives en coupant court à toutes les oppositions. Oui ses truies sont connectées, oui il a essayé des Google glass, oui les drones vont débarquer sur son exploitation, et alors? avait-il envie de poursuivre. La planète bouge avec ses agriculteurs dessus et, fort heureusement, le numérique n’est pas une révolution de niche.

Les deux autres enseignements de ce débat viennent aussi des propos tenus par les représentant de la haute technologie, Romain Faroux venu présenter l’un des drones que sa Société Airinov commercialise et Gaëtan Séverac, co-fondateur de Naïo Technologies qui fabrique des robots. « Robot » justement n’est pas un gros mot a rappelé ce dernier, car c’est bien l’humain qui est au coeur d’un dialogue entre agriculteurs et ingénieurs. C’est l’usager qui décide des besoins et même son intuition s’avère essentielle pour imaginer les meilleurs produits.

Enfin, tous les intervenants s’accordent à penser que les nouvelles technologies peuvent générer un regain d’intérêt des nouvelles générations pour les métiers de l’agriculture, et oui, là comme ailleurs, ils ont des digital natives.

Les meilleurs moments du débat, c’est là.

Demain - Les engrais ont-ils sauvé plus de vies qu’ils n’en ont coûté ?
Avec Gilles Poidevin, délégué général de l’Unifa, Alain Canet, Président de l’Association française d’agroforesterie