Débats Haut Débit

2030 : Action ou vérité?

Par & -


« 2030 … Vous avez le pouvoir, vous en faites quoi? » Pour ce 4ème débat Haut débit la question était posée à des acteurs très divers de la chaîne alimentaire. De loin le débat le plus long de la série, où l’on a rapidement compris que la voie était étroite entre utopie locale et réalité mondiale.

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« Le plus grand laboratoire R & D existe depuis toujours dans la nature ». C’est ainsi que Maxime de Rostollan, fondateur de Fermes d’avenir, a dégommé l’échéance fixée pour ce quatrième débat haut débit : 2030. L’histoire de l’humanité débute donc avec une intégration harmonieuse de l’homme dans la nature, lequel exagère manifestement dans son désir effréné de faire rendre à la nature plus que ce qu’elle ne peut donner, et conclusion naturelle, il faut donc revenir en arrière, c’est possible, ça marche, nous en avons les preuves. Non, c’est impossible, s’est empressé de rappeler l’agronome et ethnologue Jacques Caplat parce que le paysage est trop abîmé, le climat trop changeant et surtout, c’est « l’économie qui contraint l’agriculture » là où ce devrait être l’inverse.

François Burgaud, directeur des relations extérieures du Groupement National Interprofessionnel des Semences (GNIS) rappelle alors à tout le monde que, avant de regarder le nombril de nos ventres bien remplis, on pourrait d’abord et avant tout penser au 800 millions de personnes qui meurent de faim. On était donc globalement très mal partis dans ce débat prospectif  à vouloir brasser le monde, comment il va mal et imaginer des changements systémiques qui modifieraient d’un seul coup les règles du jeu planétaires.

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Et puis un autre vice très humain a été honteusement exploité par les animateurs du débat : le jeu Action ou Vérité, auquel tout le monde s’est pris. Et à tirer des cartes Action du type « Vous êtes élu Président de l’Assemblée Nationale, quelle première loi faites-vous voter ? » ou Vérité « Vous lisez de la philosophie », les intervenants ont dû passer d’une vision macro à un monde au plus près de leur micro. A les obliger ainsi à revenir à des expériences comme celle de Philippe Desbrosses, Fondateur de la Ferme de Sainte-Marthe, et à l’origine de la Campagne Graines de vie, on a rapidement compris que la somme des pensées et des expériences en mouvement montraient que les voies vertueuses vers 2030 ne seraient pas une autoroute à pensée unique mais une multitude de chemins concertés.

Pour voir un aperçu du débat, c’est là :

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Demain : Agriculteur, le pire métier du monde ? Avec Thierry Pouch, économiste à l’Assemblée permanente des chambres d’agriculture, Florence Pinton, docteur en sociologie et professeur à Agrosparistech, Rémi Dumeri, céréalier (Loiret), Jean-Baptiste Galloo, éleveur de vaches laitières, vaches allaitantes, porcs et volailles (Yvelines)