Santé

Des millions d’oeufs néerlandais contaminés retirés de la vente dans un scandale sanitaire

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Les supermarchés néerlandais et allemands retiraient en masse les oeufs de leurs rayons jeudi alors que les pertes s’élevaient déjà à « plusieurs millions d’euros » selon le syndicat néerlandais des éleveurs de volailles, touchés par le scandale des oeufs contaminés.

L’affaire s’est largement propagée outre-Rhin : en Allemagne, les chaînes de supermarchés, du discounter Lidl au géant Rewe, ont stoppé jeudi la commercialisation des oeufs contenant du fipronil, un insecticide utilisé dans les élevages néerlandais dans un traitement contre le pou rouge.

Le ministère allemand de l’Agriculture a estimé dans un communiqué « qu’au moins trois millions d’œufs contaminés » en provenance des Pays-Bas avaient été livrés en Allemagne, dont la plupart ont été commercialisés. « Il s’est avéré, ces dernières 48 heures, que l’Allemagne est plus touchée » que les autorités ne l’avaient initialement pensé, a-t-il ajouté.

Selon un nouveau rapport produit jeudi soir par l’organisme néerlandais chargé de la sécurité alimentaire et sanitaire NVWA, 138 élevages de volailles néerlandais, soit 20% des élevages, restaient fermés parmi les 180 initialement bloqués par l’organisme. « Les oeufs provenant d’un élevage en particulier présentent un danger imminent pour la santé publique » selon le NVWA, mis sous pression par les éleveurs dans la façon de gérer le « scandale du fipronil ».

Albert Heijn, la chaîne de supermarchés la plus importante des Pays-Bas, a « stoppé la commercialisation de 14 sortes d’oeufs, suivant les indications » du NVWA. « Tous ces oeufs sont renvoyés au dépôt et détruits », a rapporté à l’AFP Els van Dijk, porte-parole de la chaîne, décrivant une « situation inédite » dans l’histoire d’Albert Heijn.

Pou rouge

A l’origine de l’affaire, des éleveurs de volailles aux Pays-Bas ont fait appel à Chickfriend, une société spécialisée pour éradiquer la prolifération du pou rouge, un parasite très néfaste pour les poules. Cette entreprise aurait employé du fipronil dans son produit, une molécule couramment utilisée dans les produits vétérinaires contre les puces, les acariens et les tiques, et interdite dans le traitement des animaux destinés à la chaîne alimentaire.

En grande quantité, le fipronil est considéré comme « modérément toxique » pour l’homme par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Il est dangereux pour les reins, le foie et la thyroïde, a indiqué le NVWA.

La Commission européenne a déclaré « suivre l’affaire de très près », considérant comme « prioritaires les questions touchant à la santé publique », a affirmé la porte-parole Anna-Kaisa Itkonen à des journalistes jeudi. « Nous sommes en relation permanente » avec les pays touchés, « les élevages ont été identifiés et les œufs infectés sont retirés du marché », a-t-elle poursuivi, arguant que la « situation (était) sous contrôle. »

En Belgique, l’Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire a dit avoir lancé une enquête « en collaboration avec le parquet », précisant toutefois qu’aucun des œufs contaminés n’avait été commercialisé dans le pays.

En 2016, les Pays-Bas ont produit 10 milliards d’œufs, et 7 millions y sont quotidiennement consommés, selon le quotidien néerlandais AD.