Santé

Célèbre pour sa cuisine, le Liban éclaboussé par des scandales alimentaires

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Les Libanais, si fiers de leur cuisine, expriment leur dégoût après la mise en cause de restaurants et de supermarchés accusés de vendre des aliments contaminés ou avariés.

Le couvercle a été soulevé par le ministre de la Santé, Waël Abou Faour, à la fois salué et vivement critiqué pour avoir publiquement nommé des établissements soupçonnés d’offrir des produits mauvais pour la santé.

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Restes de matière fécale humaine
Au cours d’une conférence de presse cette semaine, M. Abou Faour a horrifié un pays où il n’est pas rare de manger au restaurant trois fois par jour. Et la presse n’est pas en reste comme ici sur le site beirut.com. »Les Libanais ne savent pas ce qu’ils mangent et ce serait pire s’ils étaient mis au courant« , a déclaré M. Abou Faour. Ils « mangent de la nourriture délicieuse mais imprégnée de maladies et de microbes« . Le ministre a cité l’exemple d’un établissement où « certains échantillons testés contenaient des restes de matières fécales humaines. Ceci ne peut être toléré, quel qu’en soit le prix« . M. Abou Faour n’a pas hésité à publier la liste des établissements mis en cause, certains d’entre eux étant très réputés.

Hallab, célèbre pâtisserie de Tripoli (nord), a ainsi été citée pour sa crème souillée, tandis que deux branches de des chaînes populaires de restauration rapide, Kababji et Roadster diner, étaient blâmées pour leurs viandes avariées. Des critiques du même ordre concernent des succursales de chaînes de supermarchés, TSC et Spinneys, et des points de vente de shawarma, le populaire sandwich à la viande. La campagne d’Abou Faour est considérée par certains Libanais comme un rare exemple de bonne gouvernance tandis que d’autres l’accuse de diffamation et de détruire les affaires.

Pour et contre
Les premiers lui expriment leur soutien sur les réseaux sociaux avec le mot-clé « ministre de tout le Liban » sur Twitter. Parmi les seconds, figure le ministre de l’Economie Alain Hakim, qui a accusé Abou Faour de « terrorisme contre les restaurants« . « C’est comme si nous nous tirions une balle dans la tête« , a-t-il dénoncé. M. Abou Faour a prévenu que la campagne allait continuer. « Le plus grand désastre ce sont les élevages de poulets. Je crois que nous allons en fermer  un certain nombre« , a-t-il dit vendredi.