Portfolios

Peindre la société de consommation américaine

Brendan O’Connell

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Brendan O’Connell est américain. Il ne se destinait pas à la peinture, on pourrait même dire qu’elle s’est imposée à lui. Pendant plus de sept ans, il s'est attaché à peindre le supermarché Walmart, un lieu où toutes les classes de populations peuvent se rencontrer.

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Après des études en Philosophie et Littérature espagnole, Brendan O’Connell vient en France pour enseigner et écrire une nouvelle sur les peintres. Il a 22 ans. C’est à ce moment là qu’il prend un pinceau et des crayons et découvre son aptitude à peindre. Six mois plus tard, il quitte son job pour devenir artiste. Par nature, O’Connell se dit « coloriste ». Son travail mélange allègrement les genres, du figuratif à l’abstrait, de l’impressionnisme à la peinture photographique, avec un brin de pop … Il y a un je ne sais quoi du peintre américain iconique Edward Hopper dans son travail dont il ne se cache pas d’ailleurs, le présentant comme une de ses références avec Marsden Hartley, mais Warhol n’est pas loin non plus dans ces oeuvres pop-cultures.

Cette série est une minuscule partie de son colossal travail sur Walmart. Quant il part en Europe en 91, Walmart est déjà une grande entreprise, mais quand il rentre aux Etats-Unis en 1997, il s’aperçoit que la chaîne est présente absolument partout. C’est ainsi que débute l’odyssée Walmart. Passant ses journées dans les rayons, il documente la multinationale sous toutes ses coutures pour des raisons esthétiques tout autant que sociologiques. D’abord en faisant des photos puis en peignant directement sur place. Consommateurs, postures, rayons, rencontres et produits y sont traités avec récurrence et par touches au travers de leurs formes et de leurs couleurs. Rendre poétique le quotidien, c’est là tout son art. Parce que que 90% des personnes qui viennent là ne sont jamais rentrées dans un musée et parce que c’est certainement « l’architecture intérieure la plus visitée sur la planète et probablement la plus démocratique » précise t-il à Alec Baldwin dans une interview.

Son travail a été présenté à New York, Shanghai, Toronto et Boston. Il a fait l’objet d’un papier très documenté dans the New Yorker mais aussi Time Magazine, The Boston Globe ou Art in America.

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