Syndicats

La FNSEA veut mobiliser mille tracteurs à Paris le 3 septembre

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La FNSEA, 1er syndicat agricole du pays, reçue lundi à l’Élysée, promet de mobiliser un millier de tracteurs à Paris le 3 septembre pour obtenir du gouvernement des « rallonges » au plan d’urgence annoncé en juillet pour résoudre la crise des éleveurs. « On croit au travail qui sera fait d’ici le 3 septembre » en collaboration avec le gouvernement, mais il y aura dans tous les cas « 1.000 tracteurs » dans la capitale ce jour-là, a déclaré Dominique Barrau, secrétaire général de la FNSEA, à l’issue d’une réunion à l’Élysée avec le chef de l’État, le Premier ministre et le ministre de l’Agriculture. Cette mobilisation aura lieu uniquement à Paris, aucune manifestation n’étant prévue en régions, selon M. Barrau. Des délégations d’agriculteurs seront reçues à Matignon et à l’Assemblée nationale. François Hollande « s’est engagé à apporter des réponses concrètes dès le 3 septembre« , a souligné le patron du syndicat Xavier Beulin, qui a demandé des « rallonges » par rapport au plan d’urgence de 600 millions d’euros annoncé le 22 juillet. Ce plan comprend 100 millions d’annulations de charges et cotisations et 500 millions de reports. Les représentants syndicaux ont fait « des demandes complémentaires sur les allègements de charges, la prise en charge des cotisations sociales, l’endettement des jeunes, le foncier non bâti« , a-t-il rapporté.

Trois milliards d’euros sur trois ans

« Il nous faut des réponses à court terme par rapport au manque de trésorerie mais aussi redonner des perspectives« , a complété Thomas Diemer, président des Jeunes Agriculteurs. « Le chef de l’État et le Premier ministre ont pris en compte notre demande particulière sur le CICE (crédit d’impôt compétitivité emploi, NDLR), qui aujourd’hui ne concerne pas les agriculteurs chefs d’exploitation« , a ajouté M. Beulin. Sur les investissements, M. Hollande « a fait part de son intérêt pour mobiliser tout ce qui peut l’être« , a souligné M. Beulin. Selon lui, il faudrait trois milliards d’euros sur trois ans pour redonner sa compétitivité à l’agriculture française. « Ce ne sont pas trois milliards que nous demandons à l’État » mais une somme « nécessaire » pour l’adaptation et la mise aux normes des fermes ainsi que des abattoirs, a-t-il expliqué. « Les éleveurs investissent trois fois plus que les autres acteurs de la filière et ils ont seulement 8% de retour » sur investissement, a-t-il insisté. M. Beulin a aussi demandé un moratoire d’un an sur les normes environnementales et une adaptation de la fiscalité aux aléas agricoles.

« une agriculture productive et compétitive, pas productiviste »

Le syndicaliste a expliqué être tombé « d’accord » avec l’exécutif sur les « demandes à formuler à Bruxelles » lors du conseil européen sur l’agriculture du 7 septembre. Ces demandes porteront sur la levée de l’embargo russe sur les produits agricoles européens, notamment sur le porc ; le financement de mesures de stockage et d’intervention sur le porc et le lait ; le prix du lait et l’étiquetage des viandes. Le ministre de l’Agriculture Stéphane Le Foll doit préparer ce sommet en rencontrant jeudi son homologue irlandais, avant de se rendre à Madrid vendredi pour discuter avec les ministres espagnol et portugais. Jeudi matin, il recevra une nouvelle fois les acteurs de la filière porcine. Il ne s’agira pas cette fois de s’accorder sur un prix minimum pour les éleveurs, mais de réfléchir à l’évolution des relations commerciales du secteur, par exemple par le biais de contrats qui permettraient aux producteurs d’avoir une meilleure visibilité. Le ministre doit auparavant s’entretenir mardi avec les industriels et coopératives du secteur laitier. La FNSEA a fait une demande « forte » à M. Le Foll pour que les engagements pris sur la revalorisation des prix de la viande et du lait « puissent être tenus« . « Nous voulons être bien compris dans ce que nous défendons: une agriculture productive et compétitive, pas productiviste« , a plaidé M. Beulin, souvent accusé d’être favorable à l’ »agri-business » et aux fermes-usines.