Syndicats

Christiane Lambert à l’offensive à la veille de son premier Congrès

Par -


Christiane Lambert a déploré jeudi que l’examen de la loi alimentation ait été reporté en mai et a placé son premier congrès en tant que présidente de la FNSEA sous le signe du « rebond », dans le droit fil de « l’ambiance de recherche de solutions » qu’elle évoque en parlant du dernier Salon de l’Agriculture.

« On s’est fait doubler par la réforme de la SNCF et donc notre loi est repoussée au 17 mai, et non pas au début des débats le 27 mars, nous le regrettons vivement mais nous prenons acte« , a déclaré Mme Lambert lors d’un point presse à Paris. « Le rythme n’a pas été ralenti, mais pour des raisons certainement politiques et pour gérer les mouvements attendus (…) par rapport à l’annonce de la réforme de la SNCF, le gouvernement a fait le choix d’avancer le passage fin mars et en avril et a donc repoussé la loi états généraux de l’alimentation« , a précisé Mme Lambert, qui a appris la nouvelle par des députés en commission, il y a une quinzaine de jours.

« Nous le regrettons vivement, d’autant que ce qui nous revient des négociations commerciales, au travers des enquêtes anonymes qui ont été menées par différentes organisations, (c’est que) les négociations se sont très, très mal passées« , a indiqué Mme Lambert. Selon elle, près d’une entreprise sur deux considère que les relations commerciales se sont dégradées par rapport aux autres années. Elle s’est en revanche réjouie des efforts de contrôles de la répression des fraudes, qui « enquête plus et trouve plus de situations anormales« : « les pratiques ont été pointées chez Monsieur Leclerc. Je crois que d’autres enquêtes ont avancé et vont déboucher sur d’autres affirmations qui vont dans le sens de ce que nous disons, une pression à l’achat qui est quand même extrêmement forte. »

Un congrès de solutions?

Le projet de loi Alimentation présenté fin janvier par le gouvernement vise notamment à contraindre la grande distribution à ralentir la guerre des prix pour défendre les intérêts des agriculteurs. Le texte prévoit par exemple d’encadrer les promotions ou de relever le seuil de revente à perte pour que les produits alimentaires soient revendus au moins 10% au-dessus de leur prix d’achat, afin de couvrir les frais de logistique assumés par les industriels et les producteurs. Mme Lambert a souhaité que le congrès de la FNSEA, le premier de la nouvelle équipe dirigeante élue en mai 2017 après le décès brutal de Xavier Beulin, et le premier du quinquennat Macron, a-t-elle souligné, soit placé sous le signe du « rebond ».

Lors du dernier salon de l’Agriculture, « on a senti une ambiance de préoccupation exprimée le premier, le deuxième jour, et puis très vite, une ambiance positive, une ambiance de recherche de solutions« , a voulu croire la patronne de la FNSEA. Dans cette optique, elle a annoncé que le « contrat de solutions » annoncé par la FNSEA pour réduire l’utilisation de pesticides, présenté lors du salon, serait signé fin juin, avec quatre ministères. Décrivant des « situations psychologiques délicates, des agriculteurs qui décrochent, qui s’accrochent mais qui vivent des difficultés très fortes« , notamment de trésorerie, Mme Lambert a rappelé l’annonce par Emmanuel Macron du dispositif d’accompagnement et de préretraites et installations de jeunes agriculteurs. « Nous espérons que le ministre de l’Agriculture la semaine prochaine nous apportera quelques précisions« , a déclaré Mme Lambert. Le congrès de la FNSEA se tiendra à Tours les 27, 28, 29 mars, dans une région « très touchée par les crises et notamment les inondations en 2016« , a-t-elle rappelé.