Politique

Les états généraux de l’alimentation, mode d’emploi

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Les états généraux de l’alimentation qui vont démarrer en juillet devront déboucher sur des propositions « à l’automne », a indiqué vendredi le nouveau ministre de l’Agriculture Stéphane Travert, reprenant le chantier de son prédécesseur Jacques Mézard. Selon lui, la question principale à résoudre lors de ces états généraux, annoncés durant la campagne présidentielle par Emmanuel Macron, sera celle de la « valeur » des produits alimentaires qui doit revenir aux producteurs, face à la part que s’allouent les transformateurs et la distribution.

Sur RTL, il a annoncé dès juillet des « ateliers dans toute la France » pour « réfléchir » à la manière de mieux consommer, faire monter en gamme les produits, de manière à « définir une valeur contractuelle » des produits, et qu’ainsi « à l’automne on puisse dégager un certain nombre de propositions« . Son prédécesseur Jacques Mézard, dans une interview en forme de feuille de route pour M. Travert, diffusée par Agra presse vendredi, a précisé que « toute la matière issue de cette consultation sera utilisée pour construire le travail du deuxième chantier, qui sera celui du lien entre alimentation, santé et environnement. Il ne faut pas le déconnecter du premier« . Pour l’éphémère ministre de l’Agriculture, « les agriculteurs doivent répondre aux attentes des consommateurs » sans « que cela génère davantage de réglementation, ou que cela renchérisse les coûts de production« . Il assure également que l’objectif des états généraux sera de « flécher le plus intelligemment possible » vers quels investissements iront les 5 milliards d’euros sur cinq ans qui faisaient partie des promesses de campagne d’Emmanuel Macron « pour que ce plan de modernisation ait du sens et un effet positif. »

Nicolas Hulot entre dans le débat

Chargé des dossiers environnementaux, Nicolas Hulot, ministre de la Transition écologique s’est lui aussi mêlé du dossier vendredi sur BFMTV en indiquant qu’il avait prévu de voir M. Travert la semaine prochaine pour « remettre à plat » l’organisation de ces états généraux, rappelant au passage que c’était une idée de son « ex-fondation« . L’idée est selon lui de « sortir avec une feuille de route qui soit un nouveau virage de ces modes de production et de consommation et qui saura réconcilier urbain et rural, et donner de la dignité et de la sécurité à nos paysans« . « Les coopératives bio connaissent aujourd’hui 33% de croissance et la plupart des produits viennent de l’étranger. N’est-on pas dans une forme de schizophrénie? » s’est-il interrogé. Pour ne pas envenimer le débat écolos-agriculteurs, M. Hulot a néanmoins pris soin de poser comme préalable que « la condition paysanne aujourd’hui est tragique« . Sur le dossier d’une des nombreuses crises agricoles en cours, M. Travert a par ailleurs annoncé vendredi un « deuxième régime d’aide » pour les professionnels du foie gras du Sud-Ouest, victimes de l’épizootie de grippe aviaire, alors que se déroule vendredi « un rassemblement dans les Landes de l’interprofession du foie gras« , le Cifog. Il a aussi confirmé qu’il allait reprendre le calendrier établi par son prédécesseur pour que les retards de versement des aides européennes à l’agriculture puissent être « réglés » avant septembre.