Europe

Une Europe laitière qui change de visage

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A l’approche de la fin des quotas laitiers, l’Europe du lait a perdu environ 200.000 exploitations laitières en six ans et malgré la locomotive franco-allemande, est doublée par la Nouvelle-Zélande à l’export. L’Union européenne quand à elle, a collecté 151 milliards de litres de lait en 2014 à travers ses presque 666.000 exploitations laitières et prévoit une collecte en quasi-stagnation en 2015, malgré la fin des quotas laitiers fin mars. Quelques données pour mieux se repérer.

Allemagne et France en tête
L’Allemagne est la championne européenne de la production de lait: elle en a collecté plus de 30 milliards de litres en 2014, selon l’Observatoire du lait de la Commission européenne. Suivent la France (23 milliards de litres), le Royaume-Uni (14 milliards), les Pays-Bas, puis l’Italie et la Pologne.

Production stable en 2015
Dans la perspective de la fin des quotas laitiers, la Commission européenne ne prévoit pas de grosse croissance de la collecte laitière ces prochaines années: elle table sur une augmentation de 1,2% en 2015 (par rapport à 2014), puis sur un tassement de la croissance à 0,6% en 2016, selon une étude prospective de la Commission européenne publiée en février. Sur les cinq dernières années, 2014 a été l’année de la plus forte augmentation de la collecte laitière: +4% par rapport à 2013.

29 vaches dans le troupeau moyen
Dans ce peloton de tête des producteurs de lait, la taille moyenne d’une exploitation varie énormément: un troupeau britannique compte en moyenne 119 vaches, quand un troupeau polonais en compte 16. Moyenne générale: 29 vaches En France et en Allemagne, le troupeau moyen est de taille similaire: entre 53 vaches à l’ouest du Rhin et 56 à l’est. Cette moyenne basse cache d’importantes disparités: en Allemagne ou en Pologne, les fermes comptant plusieurs milliers de têtes ne sont pas rares. En France, les fermes de grandes tailles font l’objet de vives critiques, comme celle dite des 1.000 vaches, située à Drucat-Le Plessiel (dans le nord de la France). C’est la race laitière Holstein qui meugle le plus dans les étables européennes.

L’UE derrière la Nouvelle-Zélande
Pour exporter ses 1,887 milliard de litres collectés par an (sous forme de beurre et de lait en poudre), l’Union Européenne doit se battre contre la Nouvelle-Zélande, les États-Unis, l’Australie, l’Argentine ou encore la Biélorussie sur les marchés internationaux. Les 28 ont cédé leur première place à la Nouvelle-Zélande pour les exportations de beurre, d’huile de beurre et de lait entier en poudre en 2014. Mais l’Union Européenne reste la grande championne de l’exportation du lait écrémé en poudre: en 2014, ses exportations ont bondi de 59% par rapport à 2013, dopées par le gros estomac chinois. Toujours selon l’Observatoire du lait, le géant asiatique a absorbé 27% des exportations de lait en poudre écrémé européen, alors que les importations chinoises ont seulement augmenté de 8% en 2014 par rapport à l’année précédente.

Photo : Jérôme Chabanne