Edito

Report du lancement de notre nouvelle formule au 30 mai

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Les dieux de la technologie et probablement un excès d’optimisme nous ont fait annoncer le lancement de notre nouvelle formule le 19 mai à 19h, très exactement 4 ans après notre lancement en version numérique. Il nous faudra attendre le 30 mai. En ces temps où la presse écrite vit toujours en crise permanente, nous tentons de pérenniser ce magazine en collant au plus près à la demande de nos lecteurs actuels mais surtout avec l’ambition d’agrandir significativement notre lectorat et de devenir un carrefour incontournable de ceux qui pensent notre alimentation.

Vous n’allez pas le croire, mais trouver le modèle économique d’un support de presse, à l’ère du numérique, du tout gratuit, de la fake news au kilomètre et des putaclics formatés pour le buzz, est un exercice hautement périlleux. Périlleux parce que si l’on constate que la presse ne vit plus de ses lecteurs et de ses annonceurs on a encore du mal à voir de nouveaux modèles économiques se stabiliser. Sans compter un système français des aides à la presse à bout de souffle qui est resté coincé dans ses schémas du siècle dernier.

Et pourtant nous avons de bonnes raisons de nous réjouir à l’approche de la mise en ligne de cette nouvelle formule que vous découvrirez le 19 mai. Nous réjouir d’abord de constater que près de 200 000 d’entre vos ordinateurs, tablettes ou smartphones ont déjà trouvé le chemin de notre site. Nous réjouir que plus de 250 d’entre-vous ont financé une levée de fonds sur KissKissBankBank nous permettant de développer notre nouveau site, nous réjouir de pouvoir vous offrir une plateforme encore plus foisonnante, plus participative, plus à l’écoute des mouvements d’un secteur en ébullition.

On nous interroge souvent sur l’évolution de notre ligne éditoriale et la question est d’importance. On commencera par dire à tous ceux qui verraient en nous un site militant ou un ersatz d’ONG qu’ils font fausse route. Nous sommes un magazine indépendant et ne roulons pour personne. Bien sûr nous avons des principes et ils figurent d’ailleurs depuis l’origine dans notre charte. Nous avons aussi quelques idées sur la place de l’alimentation sur la planète et nous avons réussi à les formuler et synthétiser sous la haute autorité de Michel Serres dans notre Manifeste. Mais la plus grande mission que nous nous sommes fixé résulte essentiellement d’un malheureux constat: l’absence de dialogue. L’absence de ponts entre les bons et les méchants, entre les industriels et les artisans, entre agriculteurs, entre vignerons, entre pêcheurs, maraîchers, entre viandards et vegan, entre européens. Le monde de l’alimentation est souvent radicalisé et la simplification des idées vire au simplisme, à la posture, là où il faudrait avancer ensemble et d’urgence. Nous n’avons pas rebaptisé notre Plateforme des cultures du goût mais nous pourrions aisément la parodier en plateforme des cultures de la complexité et du dialogue obligatoire.

Vous l’aurez compris, rien ne se fera sans votre poids, celui d’un lectorat nombreux, très nombreux. Alors le 19 mai, si la nouvelle formule vous plait, n’hésitez pas à l’intégrer dans votre marque-page et à militer pour ce réseau éminemment social qui nous réunit trois fois par jour autour d’une table.