Nature

L’eau va-t-elle manquer ?

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La consommation d’eau par l’homme, c’est-à-dire celle qui disparaît réellement par son retour à l’atmosphère après utilisation, contrairement à celle qui est rejetée dans la nature après son emploi et y reste disponible, se répartit en trois grands usages : 70% pour l’irrigation des cultures, 15% pour l’usage domestique et 15% pour l’industrie. La consommation mondiale d’eau, qui est aujourd’hui d’environ 2500 km3 par an, devrait doubler d’ici 2050.

Pour faire face à l’explosion démographique annoncée, mais aussi aux modifications des habitudes alimentaires dans certains pays si aucune action n’est prise pour les infléchir, notamment à l’augmentation de la consommation de viande, l’une des voies est d’augmenter notablement les surfaces irriguées. En effet, l’agriculture irriguée est environ deux fois plus productive que l’agriculture pluviale, par unité de surface. Une autre voie sera par exemple un choix de cultures et de variétés peu demandeuses en eau. Outre les problèmes quantitatifs, ceux liés à la dégradation de sa qualité par la pollution, sont un énorme défi sociétal qu’il faudra impérativement relever rapidement. L’eau va-t-elle manquer dans le monde ? Cette ressource, dont les privilégiés que nous sommes pensions jusqu’ici qu’elle était inépuisable, est-elle devenue un trésor convoité ?

Pour en parler,
Ghislain DE MARSILY est professeur émérite à l’université Pierre et Marie Curie et à l’École des Mines de Paris. Spécialisé en hydrologie, il a principalement étudié les ressources en eau, la contamination des eaux par les activités humaines, et les processus géologiques liés aux écoulements souterrains. Le stockage des déchets de l’industrie (dont les déchets nucléaires) en liaison avec les écoulements souterrains est aussi une de ses préoccupations.