Climat

Pour en finir avec les idées reçues sur le climat

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« On n’a jamais connu d’hivers aussi froids, qu’on ne nous parle pas de réchauffement climatique après ça. » « C’est fou, il pleut toujours plus le week-end que la semaine, c’est sûrement dû au trafic routier qui provoque un bouclier empêchant la pluie de tomber en semaine. » « Tu vas voir qu’en 2050, les grands crus du bordelais ou de la Bourgogne vont disparaître. » « Ce qui est bien avec le réchauffement climatique, c’est qu’il n’y a plus de risque de gel pour les cultures. » etc. etc. Des affirmations comme celles-là, on en entend à foison. Que ce soit au bistrot ou dans les médias. Parler de la pluie et du beau temps, c’est s’en remettre aux prévisions météo. Quant aux questions liées au climat et à leurs répercussions sur nos modes de vie… C’est une toute autre histoire…

Dans l’histoire de l’humanité, c’est un phénomène inédit auquel nous assistons. Inédit par sa rapidité. Car si, au cours des siècles derniers, le climat n’a cessé de changer, entre 1850 et 2012, la température de la Terre et des océans a augmenté de + 0,85 degré. Moins d’un petit point derrière lequel se cachent d’autres chiffres plus qu’alarmants. Il en va ainsi des émissions annuelles de dioxyde de carbone dues à la combustion des énergies fossiles qui sont passées de 200 millions de tonnes en 1850 à 31,7 milliards de tonnes en 2012. Soit une multiplication par 160 ! Et que dire des émissions totales de gaz à effet de serre produites aujourd’hui. Elles ont augmenté de 80% depuis 1970 et de + de 30% depuis les années 90. « Deux pics, selon les experts du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec) et de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe), les plus importants de l’histoire humaine. »

La principale conséquence de cet accroissement de l’effet de serre est qu’il perturbe, dans son ensemble, toute la « machine climatique ». Que ce soit les espaces habitables et agricoles dont les répercussions en termes de santé et d’économie s’évaluent en dizaine de milliards d’euros chaque année. Un constat qui fait toujours débat et déchaîne, plus que jamais, les passions. Pour autant, « nier le changement climatique, expliquait dès 2008 la journaliste Caroline de Malet, auteure du livre « Climat en débats, pour en finir avec les idées reçues, refuser toute discussion scientifique argumentée, c’est faire le jeu des idéologues, prompts à asséner leurs idées préconçues […] Qu’il s’agisse des écolos, parfois jusqu’au-boutistes, ou des sceptiques, sous influence des lobbys. »

Alors, à six mois de l’ouverture de la Conférence climat 2015, qui se tiendra du 30 novembre au 11 décembre prochains au Parc des expositions Paris-Le Bourget, Alimentation Générale a décidé, chaque lundi, d’ouvrir le débat en donnant la parole à des chercheurs, climatologues, journalistes, experts qui, chacun, déconstruiront à leur tour une ou plusieurs idées reçues sur le climat.