Biodiversité

Peut-on se passer des pesticides ?

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Si l’augmentation de la production agricole mondiale apparaît nécessaire, aux côtés de mesures visant à réduire le gaspillage alimentaire et à rendre les comportements alimentaires plus durables, pour la survie de la population, en croissance constante, les indicateurs écologiques planétaires exigent désormais que l’on économise l’eau, l’énergie, les sols et que l’on réduise la dispersion de produits toxiques dans la nature. Il s’agit de promouvoir une agriculture écologiquement intensive en assurant la fertilité des sols par des mécanismes biologiques et biochimiques connus afin de limiter au maximum l’utilisation de pesticides. Mais peut-on se passer totalement des pesticides ?

pesticides

Au niveau mondial, on estime encore aujourd’hui les pertes causées par les ravageurs, les maladies et les « mauvaises herbes » à environ 20% au niveau de la production et à près de 30% au stockage. Localement, les ravageurs peuvent, notamment dans les pays en voie de développement, affecter 50 à 100% de récoltes. Si les causes sont multiples, et variables selon les pays, le manque d’accès aux intrants chimiques (engrais et pesticides) est fréquemment pointé comme l’une d’elle. Que ce soit dans les pays en voie de développement, ou dans les pays industrialisés, de l’agriculture biologique aux OGM, les solutions préconisées sont nombreuses et rassemblent, les unes comme les autres, de nombreux défenseurs. Alors pourra-t-on un jour se passer totalement des pesticides ?

Pour en parler :
Jean-Marc MEYNARD est agronome, spécialiste de la conception de systèmes de culture, en articulation avec des écologues, économistes, ergonomes et sociologues. Il est également Président du comité scientifique des Chambres d’agriculture et référent co-conception, avec les acteurs, de systèmes à bas intrants.