Biodiversité

Concilier agriculture et biodiversité

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Dans tous les pays du monde, la modernisation de l’agriculture répond, d’une part, à la nécessité d’augmenter la production pour nourrir la population et répondre à ses nouvelles demandes en matière d’alimentation et, d’autre part, de rapprocher le mode de vie des agriculteurs de celui du reste de la société. L’augmentation de la productivité à toutefois fréquemment conduit à l’abandon des zones les moins productives qui se sont transformées en friches. Dans le même temps, la mécanisation et la spécialisation de l’agriculture a entraîné la suppression des obstacles que représentaient les habitats semi-naturels en bord de champs (haies, talus, fossés…) et favorisé l’abandon de l’élevage en plein air, les prairies étant remplacées par des cultures fourragères ; enfin, l’augmentation du rendement à l’hectare a, le plus souvent, été obtenue par un recours intensif aux engrais et aux pesticides.

En provoquant la disparition de nombreuses espèces, directement ou indirectement (concurrence d’espèces mieux adaptées, disparition des habitats et de la nourriture), tous ces phénomènes ont eu un impact négatif sur la biodiversité. Confrontés à la nécessité de produire à la fois plus (pour nourrir près de 10 milliards d’individus en 2050 et répondre aux évolutions des régimes alimentaires) et mieux (pour préserver la planète), quelles sont les solutions envisageables aujourd’hui ?

Pour en parler, Michel GRIFFON est directeur général adjoint de l’Agence nationale de la recherche, président du conseil scientifique du Fonds français pour l’environnement mondial et membre de plusieurs comités scientifiques nationaux et internationaux. Son credo « un développement agricole durable, écologique, plus productif et équitable pour les producteurs peut voir le jour ».