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Quand le vrac nous emballe

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Déjà 25 épiceries 100% vrac en France ! Chaque jour, la vente de produits sans emballage gagne du terrain. Dans les boutiques de broc et de vrac, on débarque donc avec ses propres contenants, ou on utilise des boîtes et flacons prêtés ou consignés… L’heure du grand déballage a sonné. Suivez le guide !

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Photo Zéro Waste France

On est tous d’accord, l’objectif du vrac, c’est d’abord de lutter contre le suremballage et de faire maigrir nos poubelles. Mais c’est aussi de pouvoir choisir la juste quantité, une pincée d’une épice pour une recette, ou 10 kg de farine pour faire du pain, précise Laura Caniot, responsable de l’appui aux entrepreneurs Zéro Waste et animatrice du Réseau Vrac (fondé début 2015 pour développer et structurer la filière, échanger et mutualiser les moyens). Mais ce n’est pas tout. Le vrac développe le lien social. Car dans une épicerie de vente en vrac, on parle davantage au commerçant, on discute du produit et non pas de la marque, rapporte Laura Caniot. Enfin,  qui dit vrac dit économies. Les produits sont entre 10 et 45% moins chers que leur équivalent en grande distribution sur-emballé, explique l’Ademe.  Et oui, pas de frais d’emballage ou de marketing… Alors, comme le souligne Laura Caniot, le vrac est un levier pertinent, qui peut correspondre à des motivations écologiques, sociales, économiques. Chacun peut y trouver son compte.

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La Recharge. Photo Zéro Waste France

La Recharge, la pionnière bordelaise

La Recharge est la première épicerie sans emballages jetables où l’on trouve des produits principalement locaux. Depuis l’été 2014, Jules et Guillaume y proposent une large gamme de frais (fruits, légumes, yaourts, fromages…) et de sec (riz, pâtes, épices, biscuits, café…), mais aussi du savon, des ustensiles et des produits d’entretien. En travaillant directement avec les producteurs, les deux compères peuvent bosser avec des contenants réutilisables sur toute la ligne. Ajoutez à cela des illustrations rigolotes, des dégustations et plein d’initiatives durables. Bref, une joyeuse épicerie !

Day by Day, la chaîne du vrac

Le vrac, décidemment, ça marche. Depuis ses débuts, day by day a ainsi rapidement essaimé dans toute la France, avec 12 boutiques à ce jour. Derniers en date, les magasins de Paris et de Strasbourg ont ouvert en mars… Après Bordeaux, Nantes, Le Havre et bien d’autres. Le principe ? Pouvoir faire ses courses du quotidien parmi un vaste choix (plus de 750 références !), maîtriser les quantités dans son panier et donc apporter ses propres contenants non jetables. Pas de doute, day by day va sûrement poursuivre son développement dans d’autres villes de France.

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Le bar Jean Bouteille. Photo Zéro Waste France

Jean Bouteille, des consignes pour les liquides

Jean Bouteille n’a pas de lieu propre, mais est assurément une très bonne initiative du vrac. La petite entreprise remet au goût du jour la consigne de notre enfance. Gérard Bellet, à l’origine du concept Jean Bouteille installe dans les boutiques des fontaines à  huile, vinaigre, vin, jus et autres liquides ainsi qu’un « parc » de bouteilles propres. Chaque semaine, Jean Bouteille se charge de récupérer les bouteilles sales déconsignées, et d’en apporter d’autres bien proprettes, lavées « par un processus biodégradable », prêtes à être remplies. Economique et écologique, Jean Bouteille est présent dans plusieurs villes du Nord, mais aussi en Rhône-Alpes.  Aujourd’hui, 25 magasins sont équipés. 2016 devrait en compter une cinquantaine de plus.

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La panoplie du client 100% vrac. Photo Zéro Waste France

5 millions de tonnes d’emballages sont jetées chaque année et 67 % sont recyclés selon les chiffres d’Ecoemballages.

Le Bar à vrac, épicerie et café-restaurant à Marseille

Dans le 1er arrondissement de Marseille, voilà un endroit hybride et malin : le Bar à Vrac est à la fois une épicerie sans emballage jetable et un bar-restaurant. En apportant leurs contenants – ou en utilisant des contenants consignés – les Marseillais peuvent faire le plein de produits alimentaires bio (produits secs de base, mais aussi gâteaux secs locaux, confitures, thé, café, bonbons, yaourts… sans oublier les jus de fruits, le vin et la bière !), de produits d’hygiène et d’entretien. Au Bar à Vrac, on s’arrête aussi entre deux courses pour discuter, boire un verre et manger des petits plats (aux noms appétissants comme une « soupe de betteraves et pommes au lait de coco », ou un « gâteau choco-châtaigne »), mitonnés dans une démarche « zéro gâchis ». De quoi développer, comme l’écrit sur son site Nathalie, la patronne, « une sensibilisation joyeuse » !

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La p’tite roulotte. Photo Zéro Waste France

La P’tite Roulotte, boutique ambulante dans le Sud-Ouest

Depuis le printemps 2015, Anne sillonne les routes de Dordogne et de Gironde, entre Castillon-la-Bataille et Bergerac. Sa « P’tite Roulotte », installée sur les marchés, est un commerce ambulant « zéro déchet ». L’épicière mobile invite les clients à venir avec leurs boîtes, bocaux et autres bouteilles, pour les remplir de produits bio (farine, céréales, légumes secs, pâtes, produits ménagers…), au maximum locaux, et de produits issus du commerce équitable. Bien pratique pour compléter ses courses après un passage aux stands du primeur, du boucher et du fromager ! Dans une volonté de partage, Anne distille sur son site des conseils pour « bien choisir son contenant » (et oui, une bouteille en verre, c’est vraiment mieux pour conserver de l’huile !) et des recettes.

Dans la grande famille du vrac, il y a aussi… La juste dose, à Nancy, ou encore Au Grain Près, à Marseille. Pour trouver où acheter en vrac près de chez vous, l’appli ConsoVRAC est bien pratique. Et puis, surveillez ce qui se passe dans votre région, car d’après le Réseau Vrac, 220 projets d’épiceries de vente en vrac sont en cours, dont une soixantaine ouvriront pendant l’année 2016. Bonne nouvelle !

Article écrit par Lucie de la Héronnière (La Ruche qui dit Oui)
Pour découvrir la Ruche qui dit Oui ! c’est par ICI et pour lire son blog, c’est .