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Comment McDonald’s cherche un nouveau souffle

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McDonald’s a indiqué mardi qu’il allait garder ses actifs immobiliers, dont les murs de ses restaurants, et augmenter le nombre de ses restaurants gérés en franchise pour continuer à faire des économies, selon un communiqué. Dans le cadre de sa réorganisation pour trouver un nouveau souffle, le leader mondial du fast-food envisageait de créer une société immobilière indépendante, chargée de gérer ses actifs immobiliers (locaux commerciaux…) ou « REIT » (Real Estate Investment Trust). Cette solution, expliquait McDonald’s, avait des avantages fiscaux non négligeables et lui permettait de se décharger de la gestion lourde de son capital immobilier. Mais « nous avons (finalement) conclu que toute valeur potentielle qu’aurait générée un REIT est largement contrebalancée par des risques financiers importants et opérationnels sur notre activité et nos efforts de relance en cours« , a déclaré Pete Bensen, un des responsables de McDonald’s, dans le communiqué.

Hausse surprise de fréquentation

Les actifs immobiliers de McDonald’s, qui comprennent les loyers dont s’acquittent les franchisés, représentaient 22% des revenus du groupe en 2014. Après une hausse surprise de la fréquentation de ses magasins au troisième trimestre, le géant américain a également annoncé mardi qu’il allait porter à 4.000 contre 3.500 prévus en mai le nombre des restaurants supplémentaires devant passer sous franchise d’ici à 2018. Ceci portera de 81% actuellement à environ 93% le nombre des 36.000 restaurants sous franchise. A terme, McDonald’s vise les 95%. Cette mesure et le plan de restructuration en cours vont permettre au groupe de réaliser 500 millions de dollars d’économies d’ici à 2017. En faisant un pas supplémentaire vers la franchise totale, McDonald’s emprunte la voie de son grand rival Burger King qui ne gère en propre que 1% de ses 7.300 restaurants aux Etats-Unis et au Canada. L’avantage d’avoir plus de restaurants en franchise assure « une trésorerie beaucoup plus stable et plus prévisible« , avait expliqué en mai le patron Steve Easterbrook, crédité du redressement du groupe en Grande-Bretagne.

Nécessité de s’endetter plus

McDonald’s, qui s’est lancé dans une course contre la montre pour séduire les consommateurs en proposant par exemple des menus petit-déjeuner 24h/24 aux Etats-Unis, pense aussi à ses actionnaires. Il prévoit désormais de leur redistribuer jusqu’à 30 milliards de dollars d’ici à fin 2016, soit dix milliards de plus que prévu initialement. Cette rémunération se fera sous forme de rachats d’achats d’actions et de dividendes. Le dividende prévu pour le quatrième trimestre a ainsi été augmenté de 5% à 89 cents par titre. L’agence de notation Standard & Poor’s n’a pas été convaincue puisqu’elle a abaissé pour la deuxième fois en six mois la note de solidité financière de l’entreprise. Celle-ci passe de « A- » à « BBB+ », avec une perspective stable, précise l’agence qui dit s’inquiéter parce que McDonald’s va devoir encore s’endetter. « Notre décision reflète notre point de vue selon lequel redistribuer 10 milliards de dollars de plus en 2016 aux actionnaires va augmenter de façon considérable la dette de l’entreprise. Cette approche marque un changement rapide de politique financière pour l’entreprise« , s’inquiète Robert Schulz, spécialiste de McDonald’s chez S&P. S’il estime que les réductions de coûts vont permettre d’améliorer la rentabilité, M. Schulz craint que les fruits de ces efforts ne soient aussitôt redistribués aux actionnaires plutôt que de songer à diminuer le niveau d’endettement de l’entreprise, d’autant que le rétablissement de l’activité aux Etats-Unis va prendre du temps, résume-t-il. A Wall Street, le titre gagnait 0,11% à 113,05 dollars une demi-heure avant la clôture de la séance.