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Crise porcine

Prix de référence en baisse à Plérin, près d’un tiers invendus

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Le prix de référence national de la viande de porc a diminué d’un peu plus d’un centime mardi à 1,389 contre 1,40 euros, à l’issue de la reprise de la cotation au Marché du porc breton (MPB) de Plérin, et 32% des cochons mis en vente sont restés invendus. Sur les 49.389 cochons mis en vente, 15.748 sont restés invendus, un chiffre directement lié à l’absence de deux des plus gros acheteurs, Cooperl et Bigard, qui représentent habituellement près d’un tiers des achats au MPB. Ces deux groupes, en refusant le 10 août le prix préconisé de 1,40 euros, sont à l’origine de la suspension de la cotation la semaine dernière. « Il reste 16.000 cochons invendus (…) nous allons les affecter à Bigard et la Cooperl » et à leurs quotas, « comme les règles du marché nous l’imposent« , a expliqué aussitôt après la fin de la cotation le président du MPB Daniel Picart. Ces 16.000 invendus viendront alourdir le marché de jeudi prochain. La direction de la Cooperl devait être reçue mardi après-midi au ministère de l’Agriculture et celle de Bigard mercredi. Un conseil d’administration du MPB est convoqué jeudi matin « pour décider ou pas de les poursuivre« , a ajouté M. Picart. La reprise des cotations et des ventes aux MPB était vivement réclamée par les éleveurs, qui peinent à gérer leurs stocks d’animaux invendus, car si le MPB ne représente que 15% des ventes de porcs hebdomadaires, il fixe le prix de référence au niveau national, chaque lundi et jeudi, jours habituels de cotation. Le président de la Fédération nationale porcine Paul Auffray a exprimé sa « satisfaction que le marché ait pu se dérouler » mais « une légère frustration quand même« , car « les cours ont baissé« .

« Mauvais signe »

« Comment le terrain va réagir à ça ? C’est un mauvais signe » pour les éleveurs, a-t-il ajouté, en espérant que les cours ne s’effritent pas dans les semaines qui viennent. « Un centime de moins dans un contexte tel que celui-là, c’est forcément mauvais signe« . Cette séance exceptionnelle avait été annoncée lundi, à l’issue d’une réunion de crise au ministère de l’Agriculture. « Le fait de se retirer brutalement du marché n’était pas la solution qui était acceptable, dans la mesure où on a besoin de discuter, de voir quels sont les problèmes et de les traiter« , a estimé le ministre de l’Agriculture Stéphane Le Foll sur RTL mardi, après la reprise de la cotation. « Après, je sais qu’il y a des problèmes spécifiques à la Cooperl et du côté de M. Bigard, donc on va en discuter aussi. Je respecte tout le monde et j’essaie de faire en sorte que tout le monde se remette autour d’une table« , a-t-il ajouté.

Réforme de la fixation des prix

Au-delà de la reprise des échanges à Plérin, la question d’une réforme de la fixation des prix du porc est désormais officiellement posée. Pour Guillaume Roué de l’Inaporc (interprofession nationale porcine), « un certain nombre de discussions vont s’engager, dès la semaine prochaine pour la mise en place d’une évolution du système de fixation du prix, notamment par l’adaptation partielle du fonctionnement du marché du porc breton« . Le ministre a aussi insisté lundi sur plusieurs points, qui nécessitent la mise en place d’une stratégie « sur la question des prix, qui s’appuie sur la valorisation de l’origine des viandes« , ou le travail sur les promotions. Le 27 août aura lieu une réunion de travail avec les professionnels et la distribution « afin de travailler sur les modalités pratiques de mise en oeuvre des promotions de septembre« . Ce même jour, se tiendra également une réunion avec les acteurs du marché de Plérin, pour « envisager des pistes de commercialisation plus sécurisantes« , comme la contractualisation. La FNSEA a appelé lundi à une grand rassemblement des éleveurs, toutes filières confondues, à Paris le 3 septembre et à Bruxelles le 7 septembre, jour de la réunion du Conseil européen de l’agriculture.