Consommation

Tour de labels

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AB, AOC, AOP, Oui Le Blog vous invite à réviser l’alphabet et à découvrir ce que garantissent labels et mentions de qualité. On vous prévient, on prévoit une interro-surprise après.

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Plus de 25 000 producteurs arborent le label AB.

AB, le B.A BA du bio
Deux lettres sur un fond vert, ce label-là, forcément vous le connaissez. Propriété du Ministère de l’Agriculture, il est le plus répandu en France. Depuis 2009, le cahier des charges de la marque s’est aligné sur la réglementation européenne perdant quelques exigences au passage (la co-existence de cultures bio et non bio sur le même site par exemple). On le retrouve aussi sous la forme d’une feuille étoilée.

Qui délivre le label ? Plusieurs organismes certificateurs, Ecocert, Bureau Veritas/Qualité France … viennent chaque année faire un tour sur les exploitations pour renouveler (ou non) le label. Pour l’obtenir, en plus d’être dans les clous, un maraîcher bio de 3 hectares doit débourser 350 euros chaque année. En moyenne, la certification bio coûte 0,5% du produit fini.

Et sinon, il dit quoi ce logo ? Que les produits bruts sont à 100% issus de l’agriculture biologique. Une betterave bio ne l’est donc pas à moitié. En revanche, le règlement tolère jusqu’à 0,9% d’OGM histoire de ne pas pénaliser les exploitations fortuitement contaminées par les cultures génétiquement modifiées voisines.

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Depuis 2009, label AB et européen : mêmes exigences.

Vos biscuits sont labellisés AB ?
C’est qu’ils comportent au moins 95% d’ingrédients issus de l’agriculture biologique comme tous les autres produits transformés AB. Sur l’étiquette de votre produit, vous trouverez également le lieu de production des matières premières agricoles utilisées. Enfin, plus exactement vous saurez si elles viennent d’Europe (agriculture EU), du reste du monde (agriculture non UE) ou des deux (agriculture UE / non UE).

Mon poulet bio, il n’a picoré que du pain de Belledonne ? En matière d’élevage, le logo AB garantit une alimentation sans pesticides chimiques et majoritairement composée de céréales. Cette alimentation n’est pas forcément produite sur l’exploitation : elle peut provenir d’autres fermes biologiques de la même région. Enfin, quand Titi est malade, il peut recevoir médocs et antibio, au maximum 3 par an.

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Bio Cohérence, des fermes 100% bio.

Bio cohérence, plus bio que bio
Parce que certains agriculteurs bio n’ont pas apprécié que le logo AB perde de sa substance au moment de sa déclinaison européenne (en 2009), ils ont créé l’association Bio cohérence plus exigeante. Les fermes sont 0% OGM et 100% bio tout comme les produits transformés. Les ingrédients d’origine exotique sont autorisés à hauteur de 25% dans la composition du produit mais selon des conditions de production bien précises (commerce équitable, production biologique). La transformation, elle, doit s’effectuer en France.

L’élevage, lui aussi, est pas mal encadré. 80% des repas des animaux doivent être issus de la ferme. Le hors sol est interdit, vous ne verrez jamais des vaches sur caillebotis. Et pour se soigner, 2 à 3 traitements vétérinaires sont autorisés chaque année.

Qui délivre quoi ? Lorsque les exploitations reçoivent l’organisme certificateur pour leur label AB, elles lui demandent de checker également les exigences Bio Cohérence. Le rapport de l’expert est alors transmis à l’association qui attribue le label selon les résultats.

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Aujourd’hui, 631 adhérents ont reçu la mention Nature et Progrès.

Nature et Progrès, des fermes 100% bio
Ce n’est pas un label mais une mention proposée et contrôlée par des commissions maison réunissant consommateurs et professionnels (on appelle ça les Comac, commissions mixtes d’agrément et de contrôle locaux). Le tout est validé par la Fédération nationale Nature et Progrès.

Plus contraignante que son cousin AB, la mention exige que tous les produits (transformés ou non) soient garantis issus de l’agriculture biologique. Interdit de mélanger le bio et le non bio sur la ferme, on choisit son camp. Les OGM ? Organismes non grata, chez Nature et Progrès on n’en veut pas une trace, même minime.

Les animaux ? On les nourrit au minimum avec 50% des productions de la ferme et ils n’ont droit qu’à deux traitements vétérinaires par an (après on leur donne de l’homéo). Enfin, tout doit être produit sur le territoire français. Ou bien, si l’on a besoin de sucre pour ses préparations, on doit connaître le producteur et échanger selon les principes du commerce équitable (l’asso Minga donne un coup de main dans cette démarche).

Demeter

Demeter : cultiver bio selon les rythmes lunaires (entre autres).

Demeter, le bio avec la lune
Pour recevoir l’estampille Demeter,  il faut avant tout être labellisé AB. Et en prime, utiliser des préparations pour enrichir le sol, travailler selon les rythmes lunaires, ne donner aucun traitement synthétique à ses animaux. Bref, adopter les principes de la biodynamie.

Evidemment, on ne tolère aucun OGM. La première année, l’association se charge de contrôler les producteurs qui souhaitent se convertir à la biodynamie. Les années suivantes, des certificateurs officiels (Ecocert et Qualité France) prennent le relai et assurent au cours de la même visite le respect du cahier des charges Demeter et de celui du label européen. Moins de 500 agriculteurs relèvent de Demeter aujourd’hui.

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Seulement 1000 exploitations sont aujourd’hui labellisées « agriculture raisonnée ».

Agriculture raisonnée, raisonnablement dévoyé
C’est un peu la réponse magique quand on pose la question : « Vous êtes en bio ? » « Euh non en raisonné.» A l’origine de l’appellation, le Farre, le Forum des Agriculteurs Responsables Respectueux de l’Environnement, association interprofessionnelle créée en 1993 ayant pour objectif de faire connaître les différentes pratiques de l’agriculture durable. Près de 1000 exploitations en sont membres aujourd’hui. Si certains s’auto-proclament en agriculture raisonnée (la plupart des exploitants), d’autres ont été dûment certifiés après l’audit d’un organisme certificateur sur l’exploitation. Ceux-là obtiennent le label pendant 5 ans et peuvent écrire sur leur production : « produit issu d’une exploitation qualifiée au titre de l’Agriculture Raisonnée ».

Qu’exige ce label ? 98 critères au total, de la gestion de sols à la santé des animaux en passant par les paysages et la biodiversité. Rappelons que « l’agriculture raisonnée ne s’interdit pas l’utilisation de produits chimiques de synthèse. » En gros, il suffit de respecter les seuils autorisés par la loi. Par ailleurs, les traitements vétérinaires (antibiotiques, vaccins), le hors-sol, les OGM (dans l’alimentation du bétail)… sont autorisés. Et la taille du cheptel n’est pas limitée.

IGP

Des appellations pour contrôler l’origine patrimoniale des produits.

AOC, AOP, IGP, à l’origine était l’alphabet
Vous ne voyez pas la différence entre ces deux fois trois lettres : AOC et AOP, appellation d’origine contrôlée et appellation d’origine protégée ? Normal, elles recouvrent la même chose. L’AOC est devenue AOP en 2012 quand l’appellation s’est étendue à toute l’Europe. Aujourd’hui donc, vous ne trouverez que des AOP, sauf pour nos pinards qui peuvent se prévaloir d’être AOC côteaux du Lyonnais, Bourgogne hautes côtes de Nuits ou Cabernet d’Anjou.

Et c’est bon un produit AOP ? Pas forcément puisqu’il ne s’agit pas d’un label de qualité mais un gage d’appartenance à un terroir. L’AOP garantit qu’un produit est originaire de la région ou du lieu dont il porte le nom, que sa qualité ou ses caractères sont dus au milieu géographique, et qu’il est produit, transformé et élaboré dans une aire géographique délimitée. Vous en connaissez plein : la châtaigne d’Ardèche, la noix du Périgord, la lentille verte du Puy, les pommes de terre de l’île de Ré…

Et l’IGP mon capitaine ? C’est la version light de l’AOP. Si L’IGP garantit que le produit est originaire d’une région (que les fraises du Périgord ne viennent pas d’Espagne par exemple), elle n’exige pas que ses ingrédients proviennent exclusivement de cette aire géographique. Ainsi, on a vu parfois vu certaines charcuteries corses IGP (genre coppa ou lonzo) avoir été fabriquées avec des porcs bretons ou roumains !

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Objectif qualité avec le label rouge.

Label rouge, la qualité du goût
Ici c’est bien de qualité supérieure que l’on parle. On est plutôt dans le haut de gamme des produits fermiers (près de 500 sont labellisés de la pintade au fromage). Les poules Label rouge par exemple doivent avoir picoré au moins 50% de céréales. Pour chaque filière, un cahier des charges est mis en place et homologué par les pouvoirs publics. Question goût, le label rouge ça se ressent. Le signe officiel est d’ailleurs obtenu après dégustation.

Article écrit par Hélène Binet (La Ruche qui dit Oui) / Photographies La Ruche qui dit Oui.
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