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Quand le textile pousse dans la nature

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Enfilez votre robe en baobab, prenez votre sac en fleur de lotus et n’oubliez pas le couffin du petit en lin avec sa couverture antiseptique et stimulante en ortie. Fiction ? Non, réalité du passage du stade de prototype au stade de la production, à voir et à toucher dans l’exposition Textifood actuellement présentée à l’Institut français de Milan.

Voilà bien longtemps que Lille, capitale du textile en déclin, a relevé le défi des nouvelles technologies lui permettant d’imaginer le renouveau d’une industrie désormais entrain de renaitre de ses cendres. Futurotextiles, exposition itinérante qui a déjà parcouru 13 pays, vient ainsi de poser ses valises à Milan avec un nouveau module intitulé Textifood.

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Cary Cass, chercheur, a développé une nouvelle matière issue du procédé de fabrication de la bière pour cette robe, inspirée par la fleur de houblon et dessinée par Donna Franklin. Grâce à la biosynthèse, il est possible de matérialiser la fermentation de la bière et de lui donner l’aspect d’une matière textile.

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Ditta Sandico travaille depuis 15 ans aux Philippines avec la soie de bananier. Le processus de conception et de production transforme les fibres de bananier en tissu léger et les transpose dans le monde de la haute couture et de la mode.

Sur le papier on a d’abord senti l’immense capacité communicante du Festival Lille 3000 (qui accueillera également l’exposition du 26 septembre 2015 au 17 janvier 2016), saisissant l’opportunité de l’Exposition universelle dont le thème est « Nourrir la planète, une énergie pour la vie » pour faire valoir sa Région en pleine réforme territoriale. Martine Aubry a d’ailleurs fait le déplacement le 1er mai pour l’inauguration. La première impression reste également celle d’une série de gadgets qui ont sans doute passionnés leurs créateurs mais qui ne changeront guère la planète à court ou moyen terme. C’est toute la force des designers qui se sont emparés de ces recherches sur les tissus végétaux que de renvoyer des images jolies, agréables et communicantes.

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Le couffin en lin n’est pas que joli mais repose aussi sur le fait que la France est le premier pays producteur de lin au monde.

L’erreur serait de rester sur cette surface là sans consulter sérieusement les cartels. On oublierait alors parmi de multiples exemples que le couffin en lin n’est pas que joli mais repose aussi sur le fait que la France est le premier pays producteur de lin au monde. La fibre est connue pour ses qualités écologiques et plusieurs entreprises développent désormais des produits au stade industriel. Idem pour les agrumes dont la seule industrie agroalimentaire italienne rejette 700 000 tonnes de déchets par an. Ainsi, une entreprise sicilienne judicieusement nommée Orange Fiber développe un textile à partir de ces biomasses organiques d’agrumes.

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Bobines de fil de lait

Et ne quittez surtout pas l’exposition sans avoir touché votre futur pull en lait. La soie la plus douce va vous paraître assez rugueuse comparée à cette fibre, produit de l’isolation de la caséine de lait transformée, puis extrudée pour en faire des fils. Si on vous dit qu’en plus, votre futur pull a des propriétés hydratantes, antibactérienne et thermiques, vous allez vite laisser tomber la laine. Vaches contre moutons, ainsi, Textifood ne fait pas que montrer un futur proche, il ouvre aussi des débats parfaitement intégrés au thème de l’Exposition Universelle.

Jusqu’au 14 juillet 2015
Institut Français
Palazzo delle Stelline
Corso Magenta, 63
Du lundi au samedi de 11h à 19h, accès libre,

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