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Food truc

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Amis des camions-cantines, Food truck, en français urbain, cette fin de mois de septembre, c’est la fête aux villages, singulièrement ceux de Paris 3ème et de la Porte de  Versailles où ce sera royal au camion.

A Paris le week-end prochain, vous pourrez en effet assister au Carreau du Temple à un rassemblement sobrement intitulé  Street Food Temple, le culte de la cuisine de rue, avec Thierry Marx comme parrain et à la Porte de Versailles les 24 et 25 septembre le simplement nommé Street food international festival (en anglais dans le texte). 17 camions d’un côté, 16 de l’autre, dont deux en commun, sans doute incontournables, le Breizh-Truck (camion breton) et le Tooq Tooq qui sert de la cuisine thaïlandaise.

Le monde de la consommation n’étant pas à une contradiction près, on comprend que l’organisation volontaire d’un embouteillage de camions qui, par nature, sont indépendants, nomades et s’installent là où il y a des clients, est le signe d’autre chose. Et d’abord au moment où les offensives de Start up ébranlent les économies à l’ancienne, une résistance certaine des piliers du commerce. Ainsi, les Food truck comme les taxis VTC de chez Uber ne payent ni fonds de commerce, ni taxe foncière, ni licence, contrairement à leurs voisins restaurateurs. Et voilà tout d’un coup qu’en période de crise, les frontières de l’offre et la demande sont en pleine révolution. D’un côté plus de fermetures de restaurants à Paris que d’ouvertures, une clientèle difficile à attraper, des frais fixes qui augmentent et de l’autre, quelques joyeux hipsters qui te bricolent un C35 et te le transforment vite fait bien fait en Food truck étoilé qui fait la Une de toutes les rubriques Life Style. Fatalement, les politiques s’en mêlent et les interdictions pleuvent, comme par exemple dans la Communauté urbaine de Bordeaux (voir ici l’article de nos confrères de Rue89). D’où les embouteillages.

Côté consommateur, les projets du Carreau du Temple et de la Porte de Versailles restent très différents. Alexandre Sors qui a coordonné et programmé Street Food Temple a construit un vrai festival qui présente notamment une oeuvre monumentale de Lucy et Jorge Orta, une exposition sur la cuisine de rue et des débats qui viennent côtoyer les multiples trucks, triporteurs, tricycles et BBQ géants invités. « On a d’abord constitué un jury et on s’est efforcé de faire une sélection sur la base de la qualité et de la diversité. Nous avons goûté – incognito- la cuisine de 40 camions pour en retenir 17. Nous avons également une programmation musicale sur le kiosque du Square du Temple et des ateliers sur l’esplanade de la Mairie. » Il est vrai que si les Food trucks ne génèrent pas de convivialité et de moments informels, une partie de leur fonction est tronquée. De ce côté là, le côté sympa de la Porte de Versailles nous échappe un peu.

Reste cette idée d’aller découvrir cette cuisine en se concentrant sur un événement ponctuel alors que le principe même est celui d’une cantine quotidienne. Il faut pourtant y aller, ne pas laisser tomber ces cuisiniers, car ce sont bien des cuisiniers, que les contraintes ont rendus plus qu’ingénieux. Y aller aussi pour montrer aux pouvoirs publics et aux politiques que le monde change et que le citoyen client est roi. S’il a envie de manger quotidiennement mieux et moins cher, mieux vaut chercher des solutions inventives que de vouloir ménager la chèvre et le chou.

Sceno_copyright_Gaston Bergeret

Exposition Ma cantine en ville, voyage au coeur de la cuisine de rue.

Street Food Temple du 18 au 21 septembre, informations ici
Télécharger le programme de Street Street Food Temple

Street Food International festival 2014 les 24 et 25 septembre, informations ici