Vénézuela: le parlement déclare une « crise humanitaire » alimentaire

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Le parlement vénézuélien, où l’opposition est majoritaire, a déclaré mardi le pays en « crise humanitaire » sur le plan alimentaire, une situation qu’il veut dénoncer devant les Nations Unies et l’Organisation des Etats américains (OEA). « L’Assemblée nationale déclare une crise humanitaire sur le plan alimentaire (…) et accepte d’exiger de tous les organismes publics qu’ils adoptent des mesures urgentes afin de lutter contre la faim dont souffre le peuple », indique un document approuvé par l’opposition.

Le pouvoir législatif va donc créer une commission chargée d’identifier des « sources » sur le plan international, « afin de lutter contre la faim », qui comprendront notamment des organisations internationales et des délégations diplomatiques. « Une copie (de cet accord) sera envoyée au secrétaire général de l’Organisation des Etats américains (OEA) (Luis Almagro) et au secrétaire général des Nations Unies (Antonio Guterres) », précise le texte.

Le Venezuela est plongé dans une profonde crise économique, avec une pénurie frappant 68% des produits basiques et une inflation incontrôlable (1.660% en 2017, prédit le FMI). Le Parlement a estimé que le modèle économique du gouvernement, « basé sur l’étatisme et les expropriations arbitraires », a fait chuter la production nationale et entraîné une « inflation de 700% et une pénurie de 90% ». Dans le pays, 9,6 millions de Vénézuéliens – presque un tiers de la population – ne mangent qu’un ou deux repas maximum par jour. La pauvreté touchait 81,8% des foyers en 2016, près de neuf points de plus qu’en 2015, selon l’Enquête sur les conditions de vie réalisée par un groupe d’universités. Et 51,51% sont considérés en situation de pauvreté extrême.

Le président socialiste Nicolas Maduro assure lui qu’en 2016, la pauvreté dans ce pays aux plus importantes réserves pétrolières de la planète a reculé de 19,7 à 18,3%. L’assemblée a d’ailleurs exigé de M. Maduro « le remplacement immédiat du ministre de l’Alimentation, Rodolfo Marco Torres ». En avril 2016, le Parlement vénézuélien avait voté une motion de défiance à l’encontre de M. Torres. Le camp gouvernemental avait immédiatement contesté la légalité de cette mesure. Le Tribunal suprême de justice (TSJ) du Venezuela a déclaré nulles et invalides toutes les décisions du parlement, dominé par l’opposition. En janvier 2016, l’Assemblée avait déclaré la crise humanitaire dans le médical, en raison d’une pénurie de médicaments et de fournitures à l’hôpital.

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