Perturbateurs endocriniens : cinq substances expertisées par l’Anses

Par -


Retardateurs de flamme, antibactériens ou substituts au bisphénol A… l’Anses a publié lundi son avis sur cinq nouvelles substances chimiques susceptibles d’être des perturbateurs endocriniens (PE). Concernant le TMBPF, utilisé notamment comme substitut du bisphénol A dans le revêtement de matériaux métalliques en contact alimentaire, plusieurs tests « ne mettent pas en évidence d’effet PE », souligne l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses).

Néanmoins « dans l’état actuel des connaissances, on ne peut écarter qu’il puisse agir » comme tel via certains modes d’action, ajoute l’Anses, qui « recommande que des études soient requises par l’Agence européenne des produits chimiques (ECHA) dans le cadre d’un contrôle de conformité ». Pour le RDP (retardateur de flamme), « les données sont assez limitées » mais il y a des signaux d’alerte sur de possibles « effets neurotoxiques, sur les glandes surrénales, et sur le développement », note l’Anses.

« Les effets décrits dans ces quelques études expérimentales semblent toujours incertains », ajoute l’Agence, qui propose de soumettre le RDP à l’évaluation du règlement de l’UE sur les substances chimiques (REACH). Concernant le triclocarban, utilisé comme antibactérien et antifongique, « les données disponibles suggèrent l’existence d’un possible effet PE pour la santé humaine et l’environnement », souligne l’Anses. Ainsi, le triclocarban est proposé pour l’évaluation dans le cadre de REACH.

L’Agence réclame aussi de plus amples données sur le sulfate d’étain (utilisé notamment dans des préparations pour ciment), ainsi que sur le dicyclopentadiène (fabrication de polymères). Dans le cadre de la « stratégie nationale sur les perturbateurs endocriniens », l’Anses étudie chaque année une série de substances susceptibles de présenter ce risque ou utilisées en substitution de PE.

Actuellement cinq substances suspectées d’être des PE font l’objet de travaux d’expertise de l’Agence : l’homosalate, le triflusulfuron méthyl, le triphényl phosphate, le bisphénol B et le BDE-47. Un perturbateur endocrinien agit sur le système hormonal et peut être à l’origine de dysfonctionnements comme l’infertilité, des malformations congénitales ou des retards de développement.