L’Inra remet un rapport sur le glyphosate au gouvernement

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L’Institut national de recherches agronomiques (Inra), a remis vendredi dernier au gouvernement un rapport sur le glyphosate en vue de l’élaboration d’un plan d’arrêt de l’usage de ce pesticide dans l’agriculture qui sera présenté avant la fin de l’année.

Les ministres de la Transition Ecologique et Solidaire, des Solidarités et de la Santé, de l’Agriculture et de l’Enseignement supérieur, de la Recherche ont reçu le rapport scientifique de l’Inra visant « à mettre l’expertise de l’Institut au service de l’élaboration d’un plan de sortie du glyphosate demandé par le Premier ministre (…) et qui sera présenté avant la fin de l’année », peut-on lire dans un communiqué commun.

Les Etats membres de l’Union européenne (UE) ont accepté d’autoriser pour cinq ans supplémentaires le glyphosate lors d’un comité d’appel, mais le président Emmanuel Macron a pour sa part affirmé que l’insecticide controversé serait interdit en France « au plus tard dans trois ans ». Avec les autres travaux en cours, ce rapport « permettra au gouvernement de présenter, lors de la clôture des Etats Généraux de l’Alimentation, une feuille de route ambitieuse visant une agriculture moins dépendante aux pesticides, dont le glyphosate.

Cette feuille de route, une fois partagée avec les parties prenantes, sera finalisée en début d »année 2018″, assure le texte. Le rapport de l’Inra « permet d’identifier les alternatives existantes et participe à la construction des solutions d’accompagnement agronomique, technique et économique nécessaires à la transition vers des systèmes de production sans glyphosate. Il apporte ainsi une première réponse à la demande du Président de la République d’accélérer la recherche et le développement de solutions d’ici trois ans », indique le communiqué.

Le rapport mentionne également des impasses techniques sur lesquelles le gouvernement et les filières devront prioritairement travailler en mobilisant les instituts de recherche et les organismes d’appui technique, poursuit le texte. « Il n’y a pas de solution miracle et l’Inra ne travaille pas pour chercher une molécule qui remplacerait une autre molécule, c’est vrai pour le glyphosate comme pour d’autres » produits phytosanitaires, a récemment déclaré le patron de l’Inra, Philippe Mauguin, devant la Mission d’information sur l’utilisation des produits phytopharmaceutiques.

« La réponse sur laquelle on travaille, c’est la combinaison de plusieurs approches: il faut à la fois faire des progrès sur la sélection génétique, en agronomie et sur le biocontrôle », a-t-il expliqué. Par exemple, l’association de plantes légumineuses à une culture de blé diminue globalement la pression des mauvaises herbes sans réduire le rendement des cultures, selon le site de l’Inra.