Les phytosanitaires responsables de 2% des maladies professionnelles des agriculteurs

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Les représentants de la Mutualité Sociale Agricole (MSA) ont reconnu mercredi, lors d’une audition à l’Assemblée nationale, que l’usage de produits phytosanitaires était responsable de « 2% » des maladies professionnelles des agriculteurs. « Deux pour cent des maladies professionnelles déclarées au titre du régime agricole sont liées aux produits phytosanitaires », a fini par déclarer Patrice Heurtaut, directeur de la santé-sécurité au travail de l’organisme de sécurité sociale agricole, sans donner d’année de référence, poussé dans ses retranchements par les députés. « Il faudrait ne plus utiliser de produits chimiques bien évidemment », a-t-il ajouté devant la Mission d’information sur l’utilisation des produits phytopharmaceutiques, présidée par Elisabeth Toutud-Picard (REM).

Seul autre chiffre précis que les députés réussiront à arracher à la délégation de la MSA: en 2016, 61 assurés de la MSA se sont vus reconnaître une maladie professionnelle provoquée par l’utilisation de pesticides, 25 présentant une hémopathie maligne et 36 une maladie de Parkinson. Insistant sur sa mission de prévention, M. Heurtaut a surtout expliqué que la MSA était « limitée dans (ses) messages » face aux agriculteurs, qui « sont des agronomes » et, à ce titre, utilisateurs de produits de protection des plantes pour lutter contre les maladies et ravageurs afin de préserver les rendements de leurs récoltes et d’assurer leurs revenus. « Chez les jeunes exploitants, le poids économique est plus fort que tous les messages de prévention qu’on va leur faire passer », a-t-il fait remarquer.

La MSA compte au total 6,2 millions d’adhérents et ayants droit au régime de sécurité sociale agricole, en incluant les retraités et les personnes ayant eu à un moment de leur vie une activité agricole. Sur ce chiffre, 1,2 million de personnes travaillent dans l’agriculture, dont 460.000 chefs d’exploitation ou entrepreneurs de travaux agricoles, le solde étant constitué de salariés. Cette audition était organisée mercredi, alors que le renouvellement ou non de la licence de l’herbicide glyphosate dans l’UE, doit être débattu une nouvelle fois le 27 novembre à Bruxelles par un comité d’experts.