Le volailler Doux, en difficultés financières, veut réorienter ses productions vers plus de qualité

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Le volailler Doux, en difficultés financières, a l’ambition de réorienter son activité vers des produits de meilleure qualité et à plus forte valeur ajoutée, un projet présenté mercredi à Châteaulin (Finistère) au comité d’entreprise. Dans un entretien avec l’AFP, Christophe Couroussé, le président du directoire de Doux (1.500 emplois), a rappelé que l’entreprise était présente sur deux marchés principaux : le poulet entier congelé, exporté en grande majorité vers le Moyen-Orient, et les produits élaborés. Mais le volailler est confronté à une très forte concurrence brésilienne, à la guerre au Yémen, « deuxième marché historique » de Doux, et en 2016 à la grippe aviaire, a expliqué M. Couroussé, selon lequel Doux a perdu 35 millions d’euros en 2016, l’année 2017 étant « un peu sur la même tendance ».

Les syndicats restent prudents après l’annonce du président du directoire : « On attend de voir le contenu de cette réorganisation mais on était demandeur de ce plan de retournement. Il faut assurer la pérennité de Doux sur le territoire breton, sauver l’emploi. Il fallait réagir face à la concurrence brésilienne », a déclaré à l’AFP Nadine Hourmant, déléguée syndicale FO. Pour Maryse Carn, déléguée syndicale CGT, « Doux a fait comprendre qu’il y aura un avenir, pas de fermeture de site mais on attend le CCE du 11 octobre ». Pour faire évoluer « son offre et son modèle » économique, trois axes de développement ont été présentés mercredi aux élus du personnel. « Le premier, le plus important, c’est clairement d’orienter l’ensemble des fabrications et la production de volailles en France vers plus de qualité », a confié M. Couroussé à l’AFP.

« On a identifié que sur les marchés du Moyen-Orient, il y a une très forte attente pour des produits qui apportent des qualités nutritionnelles meilleures », a souligné M. Couroussé selon lequel Doux va commencer à commercialiser dans 10 jours, en Arabie Saoudite, un poulet riche en Oméga 3, sous la marque FitLife. Deuxième axe de développement : le marché européen du halal, un marché en très forte croissance avec une exigence de qualité notamment sur les qualités nutritionnelles, selon M. Couroussé. Enfin, Doux n’entend pas abandonner les produits d’entrée de gamme et va chercher pour cela un partenaire européen « plus compétitif et à coûts plus faibles que nous », a dit M. Couroussé. Le coût de l’ensemble de ce projet est estimé à « 100 millions d’euros sur quatre ans », nécessitant pour Doux de trouver des « partenaires opérationnels et financiers ».