Lait contaminé : Le Maire appelle Lactalis à plus de « transparence »

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Le ministre de l’Economie Bruno le Maire a appelé vendredi le groupe Lactalis à plus de « transparence » et de « responsabilité » dans l’affaire du lait contaminé par des salmonelles, répétant qu’à ses yeux, l’entreprise avait « gravement failli ». « Lactalis devrait comprendre que la transparence est aujourd’hui la meilleure des sécurités, et qu’il aurait été préférable (…) de prendre les décisions nécessaires » en temps et en heure, a déclaré le ministre sur BFMTV et RMC.

« S’il y avait eu de la part de Lactalis un peu plus de responsabilité », cette situation « ne serait pas arrivée », a-t-il ajouté, estimant une nouvelle fois que le groupe avait à ses yeux « gravement failli » dans cette affaire. La direction du groupe est convoquée vendredi à Bercy, où Bruno le Maire a déjà reçu jeudi soir les distributeurs coupables d’avoir vendu des produits potentiellement contaminés à la salmonelle.

Lactalis, piloté par la très secrète famille Besnier, a assuré jeudi soir devant la tempête suscitée par cette contamination et le rappel chaotique des produits incriminés qu’il travaillait « en parfaite collaboration avec l’Etat ». « S’il y avait eu une parfaite collaboration, je n’aurais pas été obligé de signer le 9 décembre un arrêté exigeant le retrait de plus de 600 lots de lait infantile », a assuré de son côté Bruno Le Maire.

Selon le ministre, M. Besnier a été reçu à Bercy ce jour-là à sa demande. « Dans la discussion qu’il a eu avec mon directeur de cabinet, je lui ai demandé de retirer l’intégralité des lots en prenant la date la plus précoce possible », a assuré M. Le Maire. Une demande rejetée selon lui par le patron de Lactalis, poussant Bercy à prendre son arrêté.

Interrogé sur l’éventuelle responsabilité des services de l’Etat dans cette affaire, Bruno Le Maire a par ailleurs défendu les services placés sous son autorité, à commencer par la DGCCRF (Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes).

« La DGCCRF a été en tous points remarquables dans cette affaire », a assuré M. Le Maire, rejetant les critiques formulées par des syndicats et responsables politiques qui ont attribué la défaillance à un manque de personnel au sein de cet organisme.

Le patron des centres Leclerc, Michel-Edouard Leclerc, a mis en cause jeudi soir sur son blog le rôle de l’Etat, évoquant une « défaillance systémique ». « Tous les acteurs économiques, depuis le producteur Lactalis jusqu’au distributeur ont eu des points de défaillance », a-t-il écrit sur son blog, avant d’ajouter : « Et, c’est désormais une certitude, les services de l’Etat aussi ».