La FNSEA a trouvé un point d’accord avec Leclerc, au milieu de leurs désaccords

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La présidente de la FNSEA, Christiane Lambert, a annoncé mardi qu’elle avait rencontré le patron du groupe Leclerc, une séance « dense » où le seul point d’accord a été la réforme du droit de la concurrence européen, au milieu de nombreux autres points de désaccords. Interrogé sur BFM Business sur sa rencontre avec Michel Edouard Leclerc patron des supermarchés du même nom, Mme Lambert a dit l’avoir rencontré la semaine dernière, en marge des Etats généraux de l’Alimentation : « Nous avons eu une séance de travail dense, pendant 2H45, sans concession », a-t-elle déclaré.

La présidente du premier syndicat agricole français en a profité pour dire à M. Leclerc « que son idée du prix toujours le plus bas conduit à de la déflation. Et il le reconnaît ». Mme Lambert assure cependant ne pas être « dupe ». « Je sais bien qu’il ne va pas changer de politique du jour au lendemain mais je crois qu’il a compris à quel point les producteurs aujourd’hui étaient exangues. Le choix que nous avons fait est de d’essayer de voir sur quel point nous pouvons trouver un accord », a-t-elle expliqué. Selon Mme Lambert, « avec Michel Edouard Leclerc nous avons partagé certains points de vue convergents sur le dossier clé du droit de la concurrence tel qu’il est exercé à Bruxelles, notamment sur le fait qu’on ne pouvait pas, pour les produits agricoles qui sont des produits basiques à faible élasticité, appliquer les mêmes règles qu’à des produits qui n’ont pas les mêmes obligations ».

Mais cela n’a pas empêché les membres de la FNSEA de mettre les choses au point sur d’autres sujets sensibles. « Nous lui avons dit que nous étions très au courant des conditions de négociations dans les box où les commerciaux des entreprises agroalimentaires privées ou coopératives sont soumis à une pression invivable. C’était très cru », selon Mme Lambert. « Nous lui avons aussi reproché de ne pas être signataire d’un certain nombre d’engagements comme par exemple la mise en avant des races françaises de bovins. Là il a été très réservé et cela ne nous convient pas », a-t-elle ajouté. Mme Lambert a également critiqué l’établissement par Michel Edouard Leclerc d’une plateforme d’achat avec l’Allemand Rewe à Bruxelles pour « des raisons fiscales ». « Nous savons qu’il y a certainement des raisons d’optimisation, non avouées mais avérées (…) Ce n’est pas hors la loi, c’est scandaleux, mais c’est permis. Par contre les effets produits sont dramatiques ».